Mois: juin 2018

Apologie du remake

Suspiria

On lit et on entend souvent, de la part d’amateurs de cinéma mais pas forcément les plus éclairés, que Hollywood n’a plus d’imagination, qu’il n’y a plus que des suites et des remakes, que c’était mieux avant, etc. Or, s’il est vrai que les grandes majors osent moins pour des raisons économiques évidentes, puisque le coût d’un film ne cesse d’augmenter avec le temps, il ne faut pas oublier que Hollywood a connu d’autres périodes très conservatrices, dont une est même baptisée « âge d’or ». Mais on me rétorquera sans doute que Douglas Sirk et Howard Hawks faisaient preuve de beaucoup de subtilité et d’élégance pour glisser des sous-entendus plus subversifs durant cette période très policée… En tout cas, au-delà du côté réactionnaire, prétendre qu’il y a trop de suites et de remakes aujourd’hui témoigne d’une certaine ignorance de l’Histoire du cinéma (et de l’art en général). En effet, si le concept de franchise s’est surtout généralisé dans la seconde moitié des années 1970 avec Jaws, Star Wars, Rocky et Cie, les remakes sont eux presque aussi vieux que le cinéma lui-même, aussi vieux que le gag de l’arroseur arrosé. Et l’arrivée du parlant a suscité pas mal de remakes de films muets, parfois pas leurs propres auteurs, comme Abel Gance avec J’Accuse en 1919 et 1938. Dans le même esprit, Hitchock a refait en 1956 un remake américain de son film britannique L’Homme qui en savait trop (1934). Mais forcément, ça ne choque personne dans ce cas.

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