Jeux Vidéo

Souvenirs : La trahison (mai 1995)

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Mortal Kombat (arcade)Le dernier souvenir correspondant à un jeu vidéo remonte à environ trois ans plus tôt, mais celui que je vais aborder à présent couvre en réalité plusieurs années et une part importante du début de mon adolescence. Au cas où mes articles sur le cinéma en particulier n’auraient pas été assez clairs, j’ai toujours été très peureux, mais fasciné par ce qui m’effrayait. Le premier Mortal Kombat (1992) a eu un impact mondial – j’ai récemment traduit un article à ce sujet pour Le Mag MO5.COM – mais plus particulièrement sur moi, et il y avait plusieurs raisons à cela. Déjà, comme pour tout le monde, il y avait l’aspect gore qui, cumulé aux graphismes digitalisés, donnait un aspect snuff movie au jeu et accentuait son côté transgressif. Mais il y avait aussi le fait que le portage Mega Drive était considéré le meilleur (surtout parce que le gore n’y était pas censuré) comme l’évoque justement l’article et, étant alors un joueur SEGA, cette version revêtait ainsi un caractère « militant » dans la guerre des 16-bit. Et puis étant fan de ninjas, d’arts martiaux et me souvenant sans doute inconsciemment du personnage des Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986) qui a inspiré Raiden, son univers me parlait.

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Souvenirs : Tel est pris qui croyait prendre (1992)

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El Viento (Mega Drive)En 1990, je suis rentré en sixième et j’ai rapidement sympathisé avec un dénommé Nicolas, car il avait lui aussi une Master System. Mais pour Noël (ou son anniversaire en fin d’année ?), il devait avoir la Mega Drive, et je me souviens qu’il avait même le droit de toucher la manette en avance – la console est sortie en novembre. Nous l’aurons également mais plus tard, en 1991 il me semble, avec Quackshot et Mercs, via l’ami de mon frère qui avait l’Atari ST – tout se recoupe ! Le problème est que sur la 16-bit de SEGA, surtout au début bien entendu, on ne trouvait pas aussi facilement de jeux à 99 F et l’achat d’une cartouche demandait plus de réflexion, surtout qu’il fallait se mettre d’accord avec mon frère. Cela dit, j’avais eu l’idée de profiter d’un anniversaire pour demander à mes amis de se cotiser pour m’acheter un jeu, plutôt que chacun ramène un gadget comme le veut la tradition. À cette époque, j’organisais plutôt mon anniversaire en janvier pour ma fête car en août, tous les copains étaient en vacances… Et donc une fois, sans doute en janvier 1992 (mais peut-être en 1993), j’avais demandé à Nicolas d’organiser une cagnotte pour m’offrir Last Battle (1989). Oui, enfant j’avais des goûts de chiotte et je ne choisissais pas les jeux en fonction de leurs qualités – je savais qu’il avait eu des mauvaises notes – mais tout simplement au feeling, et il n’était pas cher, dans les 200 F je crois. En passant, je croyais juste qu’il était pompé sur Ken le Survivant et j’ignorais que l’original japonais était sous licence officielle du manga…

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Souvenirs : Dans les griffes de Mandara (1991)

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Shinobi (Master System)Comme j’ai déjà eu l’occasion de le raconter dans un précédent article, l’adaptation de Shinobi (1987) avait été ma principale raison de choisir une Master System, pour la bête raison que j’étais fan de ninjas et que c’était le seul jeu du genre dont j’avais alors entendu parler… Ma vie ou du moins mon parcours de joueur aurait donc été tout autre si j’avais vu Ninja Gaiden (1988) sur NES ou Ninja Spirit (1990) sur PC Engine ! Et comme je l’avais aussi expliqué, j’ai dû me contenter dans un premier temps de cartouches à 99 Francs et, comme celle-ci devait être à 299 F, je ne l’ai pas eu tout de suite ; cela a dû être mon septième jeu après Golden Axe (1989), le premier « plein tarif ». Mais autant j’ai adoré ce dernier malgré les limitations de cette version, autant j’ai presque regretté mon achat avec Shinobi… Car il était trop difficile pour le joueur encore débutant que j’étais. Il faut savoir que l’une des raisons qui me confortait dans le choix de la Master System plutôt que la NES, c’était que je trouvais les jeux plus faciles sur la 8-bit de SEGA, car il s’agissait de portages de jeux d’arcade bien souvent. Et paradoxalement, même si ces derniers sont conçus pour inciter à enchaîner les crédits, ils font (en général) réapparaître le joueur là où il est mort s’il perd un crédit – le privilège du riche. Et je supportais très mal de devoir revenir au début du niveau dans les Mario ou Batman typiquement… Or l’adaptation de Shinobi avait été en quelque sorte consolisée, même si cela signifie également qu’on dispose d’une jauge d’énergie au lieu de mourir en un seul coup comme en arcade. Mais c’est un autre choix de design qui m’a gâché le jeu.

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Souvenirs : Le Mal des transports (1990 ?)

Souvenir précédent

Comme le souvenir précédent, celui-ci est difficile à dater pour plusieurs raisons. Parce qu’il concerne en fait plusieurs traversées de la Manche, allers et retours, parce que je pense, mais je n’en suis pas certain, que ça a débuté dès le premier voyage, et parce que je ne suis pas tout à fait sûr non plus de la date de ce premier séjour au Royaume-Uni. Ce qui est certain (et encore), c’est qu’on était en pleine « Batmania » (le film est sorti en France en septembre 1989), que mon frère y a acheté le médiocre Ghostbusters II (daté de 1989 sans plus de précision), notre troisième jeu sur Atari ST qu’il finira par effacer par mégarde – sans doute en essayant de le copier… – et surtout que ce souvenir concerne avant tout la borne d’arcade de Mercs, sorti au printemps 1990. En outre, je crois y avoir acheté Fortress of Fear sur Game Boy qui date de 1990 également, mais c’était peut-être lors d’un séjour suivant. En tout cas, tout a démarré par une difficile traversée de la Manche en ferry. Pour ceux qui n’ont jamais pris de bateau, le tangage (et donc le mal de mer qui va avec) est intimement lié au temps qu’il fait et, comme mon père avait tendance à éviter la pleine saison estivale pour nos départs en vacances, et que la Grande Bretagne n’a jamais été réputée pour son climat ensoleillé, vous imaginez bien que ce trajet était le plus souvent un calvaire pour mon frère et moi, déjà sujets au mal des transports en voiture…

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Souvenirs : Planète Magique (1991 ?)

Visite guidée de l'attraction Aladin en 1989

Visite guidée de l’attraction Aladin en 1989

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Je fais partie des rares personnes à avoir connu Planète Magique, un parc d’attractions couvert imaginé par Bernard Deyriès et Jean Chalopin, le légendaire créateur d’Inspecteur Gadget, Ulysse 31, Les Mystérieuses Cités d’Or, M.A.S.K., etc. Très en avance sur son temps, ce lieu qui était installé au théâtre de la Gaîté-Lyrique, alors quasiment à l’abandon depuis les années 1960, n’a ouvert que très peu de temps. Un professeur m’avait dit que ça n’avait duré qu’une dizaine de jours, en décembre 1989, mais j’ai du mal à croire que j’ai eu autant de chance ; je l’ai à mon avis plutôt visité à sa réouverture fin 1990, sachant que la fermeture définitive a eu lieu en juin 1991. Le même prof avait aussi prétendu que c’était la navette à sensation située au milieu du bâtiment qui aurait causé cet abandon, en raison d’effets magnétiques ou autres sur le voisinage, mais je n’ai trouvé aucune information à ce sujet. Il semble plutôt, et Deyriès l’a confirmé dans un épisode de BiTS, que c’est la partie informatique qui n’était pas assez fiable. Car même si au final, ce n’était pas tout à fait ce qui avait été prévu initialement, puisque le parc devait davantage être dédié aux créations de Chalopin, c’était l’endroit parfait pour un fan de jeu vidéo, une sorte de game center proposant des attractions préfigurant la réalité virtuelle ou augmentée, et les escape games très en vogue actuellement.

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Souvenirs : Péritel obligatoire (1990)

Sois sympa, branche moi sur une SEGA !

Sois sympa, branche moi sur une SEGA !

Souvenir précédent

Comme je le rappelais au début de mon article précédent, l’Atari ST de mon grand frère a été notre première machine de jeu familiale mais, après quelques années, j’ai éprouvé l’envie d’avoir la mienne. Je ne sais plus comment c’est arrivé précisément mais ça a dû être un mélange de plusieurs influences, comme le fait que la plupart des jeux que j’aimais sur micro étaient en fait des portages de jeux d’arcade japonais, le fait d’avoir vu ces jeux (auxquels je n’avais alors pas le droit de jouer) dans des cafés, en particulier Shinobi (1987), et bien entendu le matraquage publicitaire de l’époque – dont ce spot fameux dans lequel mon poste de télévision me suppliait de lui acheter une Master System… Il aurait pu au moins me prévenir qu’il fallait une prise Péritel ! À l’époque, en tout cas chez moi, acheter une console constituait un investissement dont il fallait étudier en détail les conséquences. Mes parents ont donc dû se documenter auprès de nombreuses enseignes, plus ou moins spécialisées, où certains vendeurs colportaient la légende selon laquelle les consoles abîmaient les écrans – ce qui n’est vrai que si l’on joue à un unique jeu en écran fixe (typiquement Pac-Man), tournant des heures sans s’arrêter comme sur une borne d’arcade, ce qui finit par imprimer l’écran.

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Souvenirs : Fichiers cachés (1989)

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Emmanuelle (1989, Atari ST)Hormis quelques jeux électroniques, la première machine de jeu que j’ai eue à la maison était donc l’Atari ST que mon grand frère avait reçu pour son anniversaire en 1987, avec le portage de Double Dragon. Or le fait qu’il s’agisse d’un micro-ordinateur et non d’une console impliquait pas mal de prudence, même si nous avons eu la chance de ne pas débuter avec une machine utilisant des cassettes et autres joyeusetés. Si je nous revoyais à l’époque, je serais sans doute très gêné par toutes les précautions et superstitions que l’on avait à l’époque, parce qu’il y avait des manipulations que l’on faisait sans vraiment les comprendre – à la manière des possesseurs d’Amstrad CPC qui tapaient « ùCPM » pour lancer certains jeux au lieu de « run″[nom du jeu] » sans trop savoir pourquoi… Et comme la majorité des jeux étaient des copies, nous n’avions pas de manuel et il fallait que l’ami qui nous les avait passés note parfois sur les étiquettes des disquettes la marche à suivre. Typiquement, si la plupart des jeux s’exécutaient automatiquement, certaines disquettes pirates compilaient plusieurs jeux. Or, alors qu’il aurait suffi de démarrer l’ordinateur sans disquette pour arriver sur le bureau et choisir le jeu à lancer, on s’entêtait à utiliser une disquette spécifique contenant un programme qui ne s’exécutait pas automatiquement…

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Souvenirs : Kakaaani ! (1987-1988)

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Pengy (1987, Atari ST)Initialement, j’avais prévu un article concernant le jeu Emmanuelle (1989), mais l’émission de Gamekult de ce matin, au programme inhabituel puisque les journalistes évoquent (entre autres) leurs souvenirs de jeux vidéo liés à la neige, a bouleversé mes plans. Je me permets donc de potentiellement remonter le temps, puisque je vais aborder ici Pengy (1987), sorti avant Le Grand Bleu (1988) et auquel j’ai donc (peut-être) pu jouer avant. À vrai dire, beaucoup de jeux de cette époque m’ont bien entendu marqué, et je pourrais tout à fait consacrer des articles à Dungeon Master (1987) ou North and South (1989), mais ce clone de Pengo (1982) sur Atari ST a sans doute eu une influence plus grande sur moi à long terme. En effet, comme je l’expliquais déjà il y a près de cinq ans dans un édito sur Le Mag MO5.COM, il s’agit de ma première expérience dans un genre dont Pac-Man (1980) est le représentant le plus connu, que je considère comme un proto-survival horror, et donc le précurseur de l’un de mes genres favoris. Comme je l’expliquais dans l’article, la peur dans les jeux vidéo ne provient en fait pas tant de l’ambiance visuelle ou sonore que de la simple peur du game over. C’est bien pour cela que les meilleurs survival horror créent la tension avec le manque de munitions, des angles de vue peu pratiques voire un gameplay carrément rigide, et l’absence de jauge de vie clairement lisible…

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Souvenirs : Question de perspective (1987)

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Double Dragon (1987, Atari ST)(ce souvenir revisite un article publié en décembre 2013 sur Retrogame Blog) Comme beaucoup de joueurs dont la passion est née d’une frustration, je ne viens pas d’un milieu très ouvert aux jeux vidéo ni au high-tech en général ; ma famille a sans doute été l’une des dernières en France à s’équiper d’un magnétoscope par exemple, et c’est probablement de là que vient ma fascination pour l’image en général. Il me semble donc que mes connaissances des jeux vidéo étaient proches du néant à sept ans. Je n’avais peut-être même pas encore vu la moindre borne d’arcade dans un café, lieu où je n’avais de toute façon rien à faire à cet âge. Ce n’est que plus tard que je serai fasciné par des jeux comme Shinobi, Rampage ou Operation Wolf, justement parce que je n’avais pas le droit d’y jouer. La Master System et la NES venant à peine d’arriver en France en 1987, j’imagine que ma vision du jeu vidéo se limitait alors à Pac-Man – du moins le dessin animé ! – et à la borne aperçue dans WarGames (1983). J’avais aussi vu une fois, chez des amis de la famille, un jeu qui devait être Dark Castle (1986) sur Macintosh ou une version monochrome de Conan: Hall of Volta (1984) sur Apple ][. C’était impressionnant et la machine avait un prix exorbitant ; ce devait être déjà exceptionnel que les enfants aient le droit de faire une partie, et nous de les regarder jouer.

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Pourquoi ne pourrait-on pas parler d’opus dans le jeu vidéo ?

Opus - Live is Life

Vous voyez bien que le mot « opus » ne s’utilise pas qu’en musique !

Je n’aurais même pas publié un article par mois en 2016, et je termine l’année avec un simple billet d’humeur, presque un règlement de comptes. Tout a commencé avec le podcast sur la chaîne Nolife que j’ai enregistré cet été, et dans lequel nos prestigieux invités illustrent leur volonté de parler du jeu vidéo sérieusement en bannissant le terme « opus » parce qu’il provient de la musique. Je dois avouer que ça m’a un peu vexé sur le moment car, même si je ne l’emploie pas énormément, il m’est sans doute arrivé de le faire après avoir été à court de synonymes… Et puis plus tard, sur Facebook, alors que des connaissances débattaient au sujet d’une émission dédiée à Final Fantasy – probablement cet épisode de BiTS – on a eu droit aux habituelles critiques sur les approximations et la vulgarisation des chaînes publiques. Et quelqu’un a dit quelque chose du genre : « Heureusement, ils n’ont pas utilisé le mot opus », ce qui a immédiatement fait acquiescer une personnalité bien connue du monde du jeu vidéo, célèbre pour son amour du RPG japonais qui n’a d’égal que sa grossièreté. L’archétype du taliban qui menace de mort la moindre approximation, alors que son dossier sur Final Fantasy VI dans un mook renommé n’est pas dénué d’erreurs et d’arguments très discutables… Bref, tout cela m’a encore plus donné envie de vérifier s’il y a bien erreur.

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