Souvenirs : Les Montagnes russes (janvier 1993)

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Dracula (1992)Après six souvenirs consécutifs consacrés aux jeux vidéo, j’en reviens à mon autre passion, le cinéma, laissé en 1989 avec une projection sous tension d’Abyss. Non pas qu’aucun long-métrage ne m’ait marqué jusque début 1993, mais comme la plupart des films déjà abordés (et ceux à venir), Dracula (1992) fait encore partie de mes préférés aujourd’hui. Et il y a en plus un critère objectif cette fois ; c’est le premier film interdit aux moins de douze ans que j’ai vu. Ayant un an d’avance, j’avais été très frustré de ne pas avoir l’âge requis pour Terminator 2 à l’automne 1991 alors que (presque) tous mes camarades de classe l’avaient – cela m’a permis au moins de voir d’abord l’original que j’estime toujours aujourd’hui bien meilleur (mais c’est un autre débat). Jusque-là, j’étais déjà très attiré par le cinéma fantastique, comme beaucoup d’enfants, et j’avais dû être impressionné par la bande-annonce, notamment le fameux plan de la croix qui tombe au ralenti. Il faut dire aussi que la photographie de Michael Ballhaus, surtout connu pour son travail avec Fassbinder – et ce sont clairement les films de ce réalisateur que je préfère –, est somptueuse. J’ai donc couru aller voir le film à sa sortie au cinéma près de chez moi et, une fois ma place achetée, j’ai patienté dans le hall le temps que la séance précédente finisse. Et c’est alors que je me suis approché du panneau où sont épinglées toutes les photos des films proposés dans les deux salles du cinéma…

Or parmi celles tirées du film de Coppola, il y en avait une où Dracula est transformé en loup-garou – sans doute la capture d’écran ci-dessous ou une photographie de plateau très proche. Ayant toujours ressenti un mélange de terreur et de fascination face aux monstres, comme je l’évoquais à propos des Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986), j’ai commencé à avoir un léger malaise. Le même que les quelques fois où j’ai fini par céder à la pression des autres pour monter dans un grand huit, plus précisément pendant la montée interminable avant la première grande descente. Ce moment où l’on se demande si c’est une bonne idée alors qu’il est trop tard pour descendre… Et ceux qui ont vu le film savent à quel point je n’étais pas au bout de mes peines ! Ce qui ne m’a pas empêché, comme souvent avec les films qui m’ont traumatisé, de l’adorer. À l’époque, c’était sans doute en partie à cause de Winona Ryder, de l’érotisme troublant pour mon âge, et aussi des ressemblances étranges avec le film de John Carpenter évoqué plus haut, comme je l’expliquais plus en détail dans l’article dédié. Et puis même si je manquais alors de culture pour en percevoir l’étendue, Dracula (1992) est un condensé de l’Histoire du cinéma, multipliant les références et usant de toutes les techniques et trucages photographiques – même la demi-dioptrie !

Dracula en loup-garou

C’est quand même autre chose que Pattinson avec des paillettes !

Encore récemment, j’ai découvert Pandora (1951), basé sur la légende du Hollandais Volant, qui a probablement inspiré Coppola. Il faut dire qu’il a clairement transformé en histoire d’amour le roman de Bram Stoker – ce qu’il n’est pas vraiment en dépit de ce que prétend Coppola, ou ce qu’avait écrit une lectrice en commentaire dans le livre emprunté à la bibliothèque… Elle avait sans doute été biaisée par le film, dont l’affiche figurait d’ailleurs sur cette nouvelle édition (conseil de pro en passant : ne lisez jamais la version intégrale comme moi, elle est atrocement répétitive). Dracula (1992) peut même être vu comme une adaptation de La Belle et la Bête, d’autant qu’il fait des références à celle de Cocteau (les larmes transformées en pierres précieuses). Et il a ce qui pour moi manque cruellement à d’autres (celles de Disney ou de Christophe Gans) et à beaucoup de films de vampires ; il parvient à être romantique sans édulcorer le côté monstrueux du personnage. La Bête est beaucoup trop mignonne dans la plupart des versions, et j’ai le même problème avec Robert Pattinson (acteur que j’apprécie par ailleurs). Les vampires de Twilight semblent avoir tous les avantages habituels (force physique, magnétisme, etc.) sans aucun des défauts… Ah si, ma nièce m’a dit qu’Edward ne contrôlait pas toujours sa force quand il enlaçait Bella ; quelle tragédie !

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