Je n’ai pas détesté The Monster

The MonsterMalgré un regain de forme du cinéma d’horreur, sur le plan commercial du moins et en grande partie via la société Blumhouse (Halloween), le genre ne semble plus capable de nous offrir des chefs d’œuvre et surtout de nouveaux auteurs… Les amateurs connaissent sans doute fort bien ce cycle à la Sonic où la rumeur nous annonce une nouvelle pépite, qui s’avère le plus souvent surfaite au final, quand ce n’est pas son auteur qui déçoit dès son film suivant. Parmi ces quelques films qui émergent de temps à autre de la masse de ratages, The Strangers (2008) avait pas mal fait parler de lui avant que « l’invasion domestique » ne devienne le nouveau cliché du genre. Et à l’occasion de la sortie d’une suite (par un autre réalisateur) au printemps, le film a fait son arrivée sur Netflix. Indéniablement efficace, il marque surtout par sa fin audacieuse mais force est de constater que ça n’a pas suffi à installer son auteur Bryan Bertino dans le paysage… Il a toutefois réalisé trois autres films depuis dont le dernier en date, The Monster (2016), vient justement de tomber sur OCS. Or c’est sur ce même service que j’ai pu voir sur le tard, il y a quelque temps, Cujo (1983) auquel il est du coup difficile de ne pas penser devant The Monster, puisqu’il s’agit également d’une femme et de son enfant traqués par une bête et se réfugiant pendant une bonne partie du film dans une voiture. Mais le reste est évidemment très différent, et The Monster est à mon avis autrement plus réussi.

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Souvenirs : Le Mal des transports (1990 ?)

Souvenir précédent

Comme le souvenir précédent, celui-ci est difficile à dater pour plusieurs raisons. Parce qu’il concerne en fait plusieurs traversées de la Manche, allers et retours, parce que je pense, mais je n’en suis pas certain, que ça a débuté dès le premier voyage, et parce que je ne suis pas tout à fait sûr non plus de la date de ce premier séjour au Royaume-Uni. Ce qui est certain (et encore), c’est qu’on était en pleine « Batmania » (le film est sorti en France en septembre 1989), que mon frère y a acheté le médiocre Ghostbusters II (daté de 1989 sans plus de précision), notre troisième jeu sur Atari ST qu’il finira par effacer par mégarde – sans doute en essayant de le copier… – et surtout que ce souvenir concerne avant tout la borne d’arcade de Mercs, sorti au printemps 1990. En outre, je crois y avoir acheté Fortress of Fear sur Game Boy qui date de 1990 également, mais c’était peut-être lors d’un séjour suivant. En tout cas, tout a démarré par une difficile traversée de la Manche en ferry. Pour ceux qui n’ont jamais pris de bateau, le tangage (et donc le mal de mer qui va avec) est intimement lié au temps qu’il fait et, comme mon père avait tendance à éviter la pleine saison estivale pour nos départs en vacances, et que la Grande Bretagne n’a jamais été réputée pour son climat ensoleillé, vous imaginez bien que ce trajet était le plus souvent un calvaire pour mon frère et moi, déjà sujets au mal des transports en voiture…

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Trois chocs cinématographiques

Le Coureur

L’un des grands drames de la vie d’un cinéphile, c’est que même s’il lui reste toujours un nombre incroyable de films à découvrir (dont il n’aura sans doute le temps de voir qu’une fraction), il devient de plus en plus rare d’être vraiment transporté. Plus on en voit, plus on devient exigeant, et surtout les films deviennent de plus en plus prévisibles, même dans leur virtuosité. On se surprend du coup à rechercher des choses plus originales, audacieuses voire même bancales, pour y trouver le début d’un vertige. Mais c’est aussi un problème de curiosité. Certes, je ne suis pas du genre à voir et revoir mes films préférés – il y en a peu, même parmi mes favoris, que j’ai visionné plus de trois, quatre fois – mais j’ai tendance à regarder les œuvres de cinéastes réputés et que je connais souvent déjà, influencé comme tout le monde par la critique et les historiens qui tendent à identifier des auteurs. Alors bien entendu, cela permet aussi d’en découvrir, comme Paul Vecchiali ou Jean Grémillon en ce qui me concerne, ou de voir les chefs d’œuvre de réalisateurs que l’on connaissait mal jusque-là – Skolimowski et Fassbinder, par exemple. Or certains films sont injustement méconnus parce que leur auteur n’a pas fait grand-chose d’autre ou, plus simplement, parce qu’ils n’ont pas été édités en vidéo jusqu’à récemment. C’est le cas des trois que je vais vous présenter.

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Souvenirs : Planète Magique (1991 ?)

Visite guidée de l'attraction Aladin en 1989

Visite guidée de l’attraction Aladin en 1989

Souvenir précédent

Je fais partie des rares personnes à avoir connu Planète Magique, un parc d’attractions couvert imaginé par Bernard Deyriès et Jean Chalopin, le légendaire créateur d’Inspecteur Gadget, Ulysse 31, Les Mystérieuses Cités d’Or, M.A.S.K., etc. Très en avance sur son temps, ce lieu qui était installé au théâtre de la Gaîté-Lyrique, alors quasiment à l’abandon depuis les années 1960, n’a ouvert que très peu de temps. Un professeur m’avait dit que ça n’avait duré qu’une dizaine de jours, en décembre 1989, mais j’ai du mal à croire que j’ai eu autant de chance ; je l’ai à mon avis plutôt visité à sa réouverture fin 1990, sachant que la fermeture définitive a eu lieu en juin 1991. Le même prof avait aussi prétendu que c’était la navette à sensation située au milieu du bâtiment qui aurait causé cet abandon, en raison d’effets magnétiques ou autres sur le voisinage, mais je n’ai trouvé aucune information à ce sujet. Il semble plutôt, et Deyriès l’a confirmé dans un épisode de BiTS, que c’est la partie informatique qui n’était pas assez fiable. Car même si au final, ce n’était pas tout à fait ce qui avait été prévu initialement, puisque le parc devait davantage être dédié aux créations de Chalopin, c’était l’endroit parfait pour un fan de jeu vidéo, une sorte de game center proposant des attractions préfigurant la réalité virtuelle ou augmentée, et les escape games très en vogue actuellement.

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Apologie du remake

Suspiria

On lit et on entend souvent, de la part d’amateurs de cinéma mais pas forcément les plus éclairés, que Hollywood n’a plus d’imagination, qu’il n’y a plus que des suites et des remakes, que c’était mieux avant, etc. Or, s’il est vrai que les grandes majors osent moins pour des raisons économiques évidentes, puisque le coût d’un film ne cesse d’augmenter avec le temps, il ne faut pas oublier que Hollywood a connu d’autres périodes très conservatrices, dont une est même baptisée « âge d’or ». Mais on me rétorquera sans doute que Douglas Sirk et Howard Hawks faisaient preuve de beaucoup de subtilité et d’élégance pour glisser des sous-entendus plus subversifs durant cette période très policée… En tout cas, au-delà du côté réactionnaire, prétendre qu’il y a trop de suites et de remakes aujourd’hui témoigne d’une certaine ignorance de l’Histoire du cinéma (et de l’art en général). En effet, si le concept de franchise s’est surtout généralisé dans la seconde moitié des années 1970 avec Jaws, Star Wars, Rocky et Cie, les remakes sont eux presque aussi vieux que le cinéma lui-même, aussi vieux que le gag de l’arroseur arrosé. Et l’arrivée du parlant a suscité pas mal de remakes de films muets, parfois pas leurs propres auteurs, comme Abel Gance avec J’Accuse en 1919 et 1938. Dans le même esprit, Hitchock a refait en 1956 un remake américain de son film britannique L’Homme qui en savait trop (1934). Mais forcément, ça ne choque personne dans ce cas.

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Souvenirs : Péritel obligatoire (1990)

Sois sympa, branche moi sur une SEGA !

Sois sympa, branche moi sur une SEGA !

Souvenir précédent

Comme je le rappelais au début de mon article précédent, l’Atari ST de mon grand frère a été notre première machine de jeu familiale mais, après quelques années, j’ai éprouvé l’envie d’avoir la mienne. Je ne sais plus comment c’est arrivé précisément mais ça a dû être un mélange de plusieurs influences, comme le fait que la plupart des jeux que j’aimais sur micro étaient en fait des portages de jeux d’arcade japonais, le fait d’avoir vu ces jeux (auxquels je n’avais alors pas le droit de jouer) dans des cafés, en particulier Shinobi (1987), et bien entendu le matraquage publicitaire de l’époque – dont ce spot fameux dans lequel mon poste de télévision me suppliait de lui acheter une Master System… Il aurait pu au moins me prévenir qu’il fallait une prise Péritel ! À l’époque, en tout cas chez moi, acheter une console constituait un investissement dont il fallait étudier en détail les conséquences. Mes parents ont donc dû se documenter auprès de nombreuses enseignes, plus ou moins spécialisées, où certains vendeurs colportaient la légende selon laquelle les consoles abîmaient les écrans – ce qui n’est vrai que si l’on joue à un unique jeu en écran fixe (typiquement Pac-Man), tournant des heures sans s’arrêter comme sur une borne d’arcade, ce qui finit par imprimer l’écran.

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Souvenirs : Fichiers cachés (1989)

Souvenir précédent

Emmanuelle (1989, Atari ST)Hormis quelques jeux électroniques, la première machine de jeu que j’ai eue à la maison était donc l’Atari ST que mon grand frère avait reçu pour son anniversaire en 1987, avec le portage de Double Dragon. Or le fait qu’il s’agisse d’un micro-ordinateur et non d’une console impliquait pas mal de prudence, même si nous avons eu la chance de ne pas débuter avec une machine utilisant des cassettes et autres joyeusetés. Si je nous revoyais à l’époque, je serais sans doute très gêné par toutes les précautions et superstitions que l’on avait à l’époque, parce qu’il y avait des manipulations que l’on faisait sans vraiment les comprendre – à la manière des possesseurs d’Amstrad CPC qui tapaient « ùCPM » pour lancer certains jeux au lieu de « run″[nom du jeu] » sans trop savoir pourquoi… Et comme la majorité des jeux étaient des copies, nous n’avions pas de manuel et il fallait que l’ami qui nous les avait passés note parfois sur les étiquettes des disquettes la marche à suivre. Typiquement, si la plupart des jeux s’exécutaient automatiquement, certaines disquettes pirates compilaient plusieurs jeux. Or, alors qu’il aurait suffi de démarrer l’ordinateur sans disquette pour arriver sur le bureau et choisir le jeu à lancer, on s’entêtait à utiliser une disquette spécifique contenant un programme qui ne s’exécutait pas automatiquement…

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Souvenirs : Fauteuils à retour de force (1989)

Souvenir précédent

Abyss (1989)Avec un tel titre, on penserait de prime abord que je vais évoquer un souvenir de jeu vidéo mais non, je reviens au cinéma – j’essaie d’alterner un minimum – avec une autre séance qui m’a profondément marqué. Ce faisant, je viens à l’instant de réaliser que plusieurs des films qui m’ont traumatisé entretiennent un rapport étroit avec l’eau : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986, la séquence de l’ascenseur), Le Grand Bleu (1988) et donc Abyss (1989). D’ailleurs, j’aurais sans doute adoré le dernier Guillermo Del Toro si j’avais encore huit ans… Mais au risque de passer pour le vieux con que je suis réellement de toute façon, il me semble qu’on ne fait plus beaucoup de films comme celui de James Cameron. Outre son rythme implacable, mais que l’on trouvait déjà dans Terminator (1984) et que l’on reverra dans Titanic (1997) notamment, peu de films parviennent à maintenir le mystère à ce point. Il faut dire qu’il n’y avait pas Internet à l’époque et que, à vrai dire, je n’avais pas la moindre idée de ce que j’allais voir d’autant que c’était ma sœur, pour la première et sans doute la dernière fois, qui m’avait emmené au cinéma.

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Une paille dans l’œil

Comin' At Ya!Comin’ At Ya!
réalisé par Ferdinando Baldi
1981

On découvre des films d’une manière bien étrange parfois. Je venais de regarder Une drôle de fin sur Netflix, un biopic sur le créateur du magazine National Lampoon, qui a également produit quelques films. Or je voulais vérifier que l’un d’eux était bien la comédie la plus importante de l’Histoire du cinéma, à savoir Loaded Weapon 1 (1993) alias Alarme fatale. Et en allant sur la page Wikipédia de son réalisateur, Gene Quintano, j’ai découvert que celle-ci mettait très en avant le fait que Quintano ait également joué dans deux films en 3D réalisés par Ferdinando Baldi, surtout connu pour Django (l’original s’entend). Or il est vrai que ce n’est pas si anodin dans sa carrière d’autant qu’il en est aussi le producteur. J’ai ainsi constaté que le premier des deux, Comin’ At Ya!, était sorti en Blu-ray il y a peu et ne coûtait pas très cher, même en import. Il est certes en anglais sans sous-titres, mais ce western n’est pas vraiment riche en dialogues de toute façon… En fait, il est surtout considéré comme le film qui a démarré la deuxième vague de la 3D dans la première moitié des années 1980 ! Je tiens toutefois à préciser d’emblée que si on a coutume de diviser l’Histoire de la 3D au cinéma en trois vagues distinctes espacées de 3D-cénies, c’est plus complexe dans la pratique avec quelques films sortis entretemps.

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Souvenirs : Kakaaani ! (1987-1988)

Souvenir précédent

Pengy (1987, Atari ST)Initialement, j’avais prévu un article concernant le jeu Emmanuelle (1989), mais l’émission de Gamekult de ce matin, au programme inhabituel puisque les journalistes évoquent (entre autres) leurs souvenirs de jeux vidéo liés à la neige, a bouleversé mes plans. Je me permets donc de potentiellement remonter le temps, puisque je vais aborder ici Pengy (1987), sorti avant Le Grand Bleu (1988) et auquel j’ai donc (peut-être) pu jouer avant. À vrai dire, beaucoup de jeux de cette époque m’ont bien entendu marqué, et je pourrais tout à fait consacrer des articles à Dungeon Master (1987) ou North and South (1989), mais ce clone de Pengo (1982) sur Atari ST a sans doute eu une influence plus grande sur moi à long terme. En effet, comme je l’expliquais déjà il y a près de cinq ans dans un édito sur Le Mag MO5.COM, il s’agit de ma première expérience dans un genre dont Pac-Man (1980) est le représentant le plus connu, que je considère comme un proto-survival horror, et donc le précurseur de l’un de mes genres favoris. Comme je l’expliquais dans l’article, la peur dans les jeux vidéo ne provient en fait pas tant de l’ambiance visuelle ou sonore que de la simple peur du game over. C’est bien pour cela que les meilleurs survival horror créent la tension avec le manque de munitions, des angles de vue peu pratiques voire un gameplay carrément rigide, et l’absence de jauge de vie clairement lisible…

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