Cinéma

La toute-puissance de la pensée

Scanners (1981)

Ce duel de Scanners commence à mal tourner…

Je vais poursuivre sur le matérialisme de mon article précédent avec un concept qui me tient à cœur. Concept que j’ai toujours appelé comme le titre de cet article en croyant qu’il s’agissait d’une dénomination « officielle » mais c’est semble-t-il une création de Serge Grünberg pour son livre sur David Cronenberg (dont il va être question ici), inspirée par Freud cela dit. Le terme philosophique semble apparemment plutôt être le problème (ou dichotomie) corps-esprit, encore qu’il se penche surtout sur la corrélation entre le cerveau et l’esprit, autrement dit la matérialisation physique de ce dernier. Or ce qui m’intéresse, c’est la propension de l’humain, en particulier l’intellectuel, à faire primer la pensée sur le corps. En vieillissant, on prend de plus en plus conscience du poids de son corps, et on cherche aussi (en vain bien entendu) à s’en libérer. Or Cronenberg est considéré comme l’inventeur du genre « body horror » (horreur corporelle ou viscérale), et l’un de ses thèmes principaux (sinon le thème principal) est justement de nous rappeler la connexion entre corps et pensée…

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Six trouilles plus une

Halloween H20

Au départ, je n’étais pas très tenté de faire pour Halloween ce que j’avais fait pour Vendredi 13, n’ayant après tout pas de jeu dérivé cette fois, mais surtout parce que j’avais le pressentiment que même si le premier film est un chef d’œuvre, en tant que série, Halloween était bien plus mauvaise. Comme je l’avais expliqué au sujet de la franchise rivale, Halloween est déjà bien plus heurtée, avec un gros changement de direction au troisième épisode mais sans lendemain, puis pas moins de trois reboots en l’espace de cinq films… Or ironiquement, c’est le succès des Vendredi 13 chez Paramount qui a motivé la production chez Universal de suites à Halloween – un juste retour des choses puisque le long-métrage de John Carpenter avait inspiré son concurrent et lancé plus généralement la mode des slashers (même s’il existe quelques représentants plus anciens bien entendu). Le réalisateur n’avait toutefois pas spécialement l’intention d’en réaliser mais, comme l’argent pouvait lui assurer une certaine indépendance, il a accepté d’écrire et produire quelques suites tout en tournant d’autres films. Il a été notamment impliqué dans les deux suivants que vient de rééditer Le Chat qui fume et, comme je les ai commandés, autant les aborder. Et puis les suivants sont pour le coup tous disponibles sur Amazon Prime, sans exception cette fois et en VOSTF. J’avais donc peu d’excuses d’éviter ce second marathon même si, comme prévu, c’était nettement plus inégal…

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Huit films 13 intéressants (parfois)

Vendredi 13

Bien qu’étant un amateur de films d’horreur, j’aurai donc attendu d’avoir près de quarante ans pour voir le moindre film de la série Vendredi 13. Il faut dire que John Carpenter est l’un de mes réalisateurs préférés et qu’il a toujours dénigré ces films. En effet, même s’il reconnaît qu’il a fait son Halloween à l’époque où il était « plutôt du côté des cow-boys que des Indiens », il trouve le rival plus réactionnaire, enchaînant les meurtres gores de jeunes débiles, ce qui tend à nous mettre du côté de Jason… Ce n’est pas tout à fait faux, même si les victimes n’agissent pas de manière si stupide que ça, car il ne faut pas oublier que comme dans Halloween et comme le titre l’indique, les meurtres se déroulent en une nuit et elles n’ont donc pas forcément de raison d’être au courant de ce qu’il se passe. Quoi qu’il en soit, bien que le premier Halloween demeure très loin devant les Vendredi 13 mais aussi ses propres suites, les aventures de Jason m’ont semblé plus regardables que ce que je craignais.

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Des petits fragments de réalité…

La Stéréo-Carte de Léon Lévy

Cela fait presque trois mois que je n’ai pas publié d’article et, même si j’en ai quelques uns en projet, j’avais plus envie d’en « improviser » un sur mon sujet de prédilection… Parce que, et ça ne va surprendre aucun de mes trois lecteurs, plus le temps passe, plus j’ai vraiment envie de faire quelque chose autour de la 3D. Certes, la demande est de moins en moins là, mais y a aussi de moins en moins de concurrence, et c’est de toute façon ma manière d’être. Bien que ma formation actuelle me destine à la création de sites web ou d’applis mobiles, j’ai créé un logo dans ce sens dans le cadre d’un projet sur le personal branding. Mais que faire ? J’avais songé à me lancer dans l’édition vidéo, mais l’un des deux gars du Chat qui fume m’a confirmé que c’est casse-gueule. Et dans le jeu vidéo, la VR a déjà beaucoup de mal à se démocratiser, et les développeurs du domaine ont plutôt tendance à taper sur la 3D pour brosser le grand public dans le sens du poil – tout en reconnaissant qu’il n’y pas de VR sans 3D…

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Souvenirs : L’invraisemblable vérité (octobre 1996)

Souvenir précédent

Mission : Impossible (1996)Suivant mon planning approximatif et évolutif, ce souvenir devait être l’avant-dernier mais il risque hélas d’être mon dernier article de blog tout court pour un certain temps… Cependant, son thème tombe du coup assez bien, déjà parce que Brian De Palma est mon réalisateur préféré et que je l’ai réellement découvert avec Mission : Impossible (1996), mais aussi parce qu’il me permet d’évoquer des souvenirs bien plus anciens, auxquels j’aurais pu d’ailleurs consacrer des articles qui n’auraient toutefois pas collé à ce format. En effet, tout remonte à un traumatisme d’enfance qui me semblait avoir eu lieu quand j’avais environ trois ans, car je crois que c’est à partir de cet âge que j’ai eu des difficultés à m’endormir pendant pas mal d’années, mais je n’en suis plus très certain. Dans mon souvenir, j’avais vu à la télévision un homme face à son miroir enlever peu à peu des parties de son visage pour révéler une apparence monstrueuse, ce qui fait évidemment penser (hormis la fin) à une scène de L’Homme qui venait d’ailleurs (1976) avec David Bowie. Mais je me rappelle aussi que mon frère avait parlé de la série La Cinquième Dimension, et après recherches, j’ai fini par trouver l’épisode A Day in Beaumont (réalisé par le Français Jeannot Szwarc) qui ne colle pas parfaitement non plus, même si ces arrachages de masques m’auraient forcément traumatisé. Le souci est qu’il n’a été diffusé aux États-Unis qu’en avril 1986, et j’ai sans doute pu avoir vu avant ça la mini-série V (1983) où l’on trouve aussi une scène dérangeante d’un extra-terrestre qui arrache lentement la peau de son visage…

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Souvenirs : Les Montagnes russes (janvier 1993)

Souvenir précédent

Dracula (1992)Après six souvenirs consécutifs consacrés aux jeux vidéo, j’en reviens à mon autre passion, le cinéma, laissé en 1989 avec une projection sous tension d’Abyss. Non pas qu’aucun long-métrage ne m’ait marqué jusque début 1993, mais comme la plupart des films déjà abordés (et ceux à venir), Dracula (1992) fait encore partie de mes préférés aujourd’hui. Et il y a en plus un critère objectif cette fois ; c’est le premier film interdit aux moins de douze ans que j’ai vu. Ayant un an d’avance, j’avais été très frustré de ne pas avoir l’âge requis pour Terminator 2 à l’automne 1991 alors que (presque) tous mes camarades de classe l’avaient – cela m’a permis au moins de voir d’abord l’original que j’estime toujours aujourd’hui bien meilleur (mais c’est un autre débat). Jusque-là, j’étais déjà très attiré par le cinéma fantastique, comme beaucoup d’enfants, et j’avais dû être impressionné par la bande-annonce, notamment le fameux plan de la croix qui tombe au ralenti. Il faut dire aussi que la photographie de Michael Ballhaus, surtout connu pour son travail avec Fassbinder – et ce sont clairement les films de ce réalisateur que je préfère –, est somptueuse. J’ai donc couru aller voir le film à sa sortie au cinéma près de chez moi et, une fois ma place achetée, j’ai patienté dans le hall le temps que la séance précédente finisse. Et c’est alors que je me suis approché du panneau où sont épinglées toutes les photos des films proposés dans les deux salles du cinéma…

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Je n’ai pas détesté The Monster

The MonsterMalgré un regain de forme du cinéma d’horreur, sur le plan commercial du moins et en grande partie via la société Blumhouse (Halloween), le genre ne semble plus capable de nous offrir des chefs d’œuvre et surtout de nouveaux auteurs… Les amateurs connaissent sans doute fort bien ce cycle à la Sonic où la rumeur nous annonce une nouvelle pépite, qui s’avère le plus souvent surfaite au final, quand ce n’est pas son auteur qui déçoit dès son film suivant. Parmi ces quelques films qui émergent de temps à autre de la masse de ratages, The Strangers (2008) avait pas mal fait parler de lui avant que « l’invasion domestique » ne devienne le nouveau cliché du genre. Et à l’occasion de la sortie d’une suite (par un autre réalisateur) au printemps, le film a fait son arrivée sur Netflix. Indéniablement efficace, il marque surtout par sa fin audacieuse mais force est de constater que ça n’a pas suffi à installer son auteur Bryan Bertino dans le paysage… Il a toutefois réalisé trois autres films depuis dont le dernier en date, The Monster (2016), vient justement de tomber sur OCS. Or c’est sur ce même service que j’ai pu voir sur le tard, il y a quelque temps, Cujo (1983) auquel il est du coup difficile de ne pas penser devant The Monster, puisqu’il s’agit également d’une femme et de son enfant traqués par une bête et se réfugiant pendant une bonne partie du film dans une voiture. Mais le reste est évidemment très différent, et The Monster est à mon avis autrement plus réussi.

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Trois chocs cinématographiques

Le Coureur

L’un des grands drames de la vie d’un cinéphile, c’est que même s’il lui reste toujours un nombre incroyable de films à découvrir (dont il n’aura sans doute le temps de voir qu’une fraction), il devient de plus en plus rare d’être vraiment transporté. Plus on en voit, plus on devient exigeant, et surtout les films deviennent de plus en plus prévisibles, même dans leur virtuosité. On se surprend du coup à rechercher des choses plus originales, audacieuses voire même bancales, pour y trouver le début d’un vertige. Mais c’est aussi un problème de curiosité. Certes, je ne suis pas du genre à voir et revoir mes films préférés – il y en a peu, même parmi mes favoris, que j’ai visionné plus de trois, quatre fois – mais j’ai tendance à regarder les œuvres de cinéastes réputés et que je connais souvent déjà, influencé comme tout le monde par la critique et les historiens qui tendent à identifier des auteurs. Alors bien entendu, cela permet aussi d’en découvrir, comme Paul Vecchiali ou Jean Grémillon en ce qui me concerne, ou de voir les chefs d’œuvre de réalisateurs que l’on connaissait mal jusque-là – Skolimowski et Fassbinder, par exemple. Or certains films sont injustement méconnus parce que leur auteur n’a pas fait grand-chose d’autre ou, plus simplement, parce qu’ils n’ont pas été édités en vidéo jusqu’à récemment. C’est le cas des trois que je vais vous présenter.

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Apologie du remake

Suspiria

On lit et on entend souvent, de la part d’amateurs de cinéma mais pas forcément les plus éclairés, que Hollywood n’a plus d’imagination, qu’il n’y a plus que des suites et des remakes, que c’était mieux avant, etc. Or, s’il est vrai que les grandes majors osent moins pour des raisons économiques évidentes, puisque le coût d’un film ne cesse d’augmenter avec le temps, il ne faut pas oublier que Hollywood a connu d’autres périodes très conservatrices, dont une est même baptisée « âge d’or ». Mais on me rétorquera sans doute que Douglas Sirk et Howard Hawks faisaient preuve de beaucoup de subtilité et d’élégance pour glisser des sous-entendus plus subversifs durant cette période très policée… En tout cas, au-delà du côté réactionnaire, prétendre qu’il y a trop de suites et de remakes aujourd’hui témoigne d’une certaine ignorance de l’Histoire du cinéma (et de l’art en général). En effet, si le concept de franchise s’est surtout généralisé dans la seconde moitié des années 1970 avec Jaws, Star Wars, Rocky et Cie, les remakes sont eux presque aussi vieux que le cinéma lui-même, aussi vieux que le gag de l’arroseur arrosé. Et l’arrivée du parlant a suscité pas mal de remakes de films muets, parfois par leurs propres auteurs, comme Abel Gance avec J’Accuse en 1919 et 1938. Dans le même esprit, Hitchock a refait en 1956 un remake américain de son film britannique L’Homme qui en savait trop (1934). Mais forcément, ça ne choque personne dans ce cas.

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Souvenirs : Fauteuils à retour de force (1989)

Souvenir précédent

Abyss (1989)Avec un tel titre, on penserait de prime abord que je vais évoquer un souvenir de jeu vidéo mais non, je reviens au cinéma – j’essaie d’alterner un minimum – avec une autre séance qui m’a profondément marqué. Ce faisant, je viens à l’instant de réaliser que plusieurs des films qui m’ont traumatisé entretiennent un rapport étroit avec l’eau : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986, la séquence de l’ascenseur), Le Grand Bleu (1988) et donc Abyss (1989). D’ailleurs, j’aurais sans doute adoré le dernier Guillermo Del Toro si j’avais encore huit ans… Mais au risque de passer pour le vieux con que je suis réellement de toute façon, il me semble qu’on ne fait plus beaucoup de films comme celui de James Cameron. Outre son rythme implacable, mais que l’on trouvait déjà dans Terminator (1984) et que l’on reverra dans Titanic (1997) notamment, peu de films parviennent à maintenir le mystère à ce point. Il faut dire qu’il n’y avait pas Internet à l’époque et que, à vrai dire, je n’avais pas la moindre idée de ce que j’allais voir d’autant que c’était ma sœur, pour la première et sans doute la dernière fois, qui m’avait emmené au cinéma.

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