Invasion, ivre de films de série B

Invasion (2005)

Mon deuxième film de fin d’année demeure assez clairement mon préféré. Si son tournage n’a pas été sans heurt – quel tournage l’est ? – mais j’y reviendrai, Invasion est celui dont le résultat colle le plus à mon intention, et peut-être celui qui a le mieux vieilli. Il faut dire qu’il a été en général bien accueilli alors que, de mon point de vue, ça semble un peu paradoxal parce qu’il aborde un sujet très personnel… Disons que, ce que moi et quelques autres prendront pour une dénonciation déguisée, la plupart des gens y verront un concept grotesque mais qui rend le film d’autant plus amusant, j’imagine. Car aussi fantastique et parodique soit le résultat, il est en réalité inspiré par des expériences vécues ! Mais si Invasion m’est si personnel, c’est aussi que, davantage encore que dans Théo 7, j’en ai profité pour mettre un peu tout ce que j’aime, en suivant avant tout le canevas d’un des films qui ont eu le plus gros impact sur moi, Invasion of the Body Snatchers (1978), le deuxième du nom.

Et je connais si bien ce genre qu’il m’a été tout à fait naturel d’y intégrer plein d’éléments typiques de ces films… Le travelling sur les pieds était dans le remake de Philip Kaufman, mais j’avais été marqué bien avant ça par une scène similaire de la série britannique Tripodes (1984). Cela dit, dans la séquence de beuverie centrale, je me suis plutôt inspiré du cinéma muet, avec un montage à la Dziga Vertov et surtout le va-et-vient du travelling piqué à Dreyer – pas à Vampyr (1932) cela dit, mais à La Passion de Jeanne d’Arc (1927). La course-poursuit qui s’ensuit emprunte un panoramique rapide à L’Impasse (1993), ainsi que deux rolls de la caméra même si celui de la scène finale ressemble plus à celui de Snake Eyes (1998) du même Brian de Palma, mon réalisateur préféré. Et ce qui rend Invasion satisfaisant pour moi est que je suis parvenu à recréer à peu près tous ces plans comme je le souhaitais. L’exception prévisible étant peut-être le tout premier plan où j’aurais voulu recréer le générique de L’Aventure intérieure (1987, encore un de mes films favoris) à l’intérieur des glaçons d’un verre d’alcool. Mais avec le recul, je ne vois pas vraiment comment j’aurais pu m’en tirer…

Comme je l’avais expliqué à propos de Théo 7, j’ai pu cette fois bénéficier de l’AGDVX200 de Panasonic (celle de l’école, je pense, car j’ai acheté la mienne peu après dans mon souvenir) et de son mode « ciné-like ». Or si je ne faisais toujours pas beaucoup d’étalonnage, de peur de faire planter mon PC, l’image d’Invasion s’est révélée assez miraculeuse de mon point de vue. Les tons ambrés de la scène de beuverie centrale viennent du choix volontaire de régler la caméra en lumière d’extérieur, par exemple, mais beaucoup d’effets que je trouve réussis sont franchement accidentels. L’exemple le plus flagrant selon moi est dans la deuxième scène et la manière dont le mur à gauche, en particulier le miroir, est éclairé. Mon chef op’ avait juste pointé un projo en plein sur le miroir, sans le moindre diffuseur, et c’est la douceur de l’image de la caméra qui crée ce dégradé… Cette même scène contient cependant la trace de l’unique problème technique de ce tournage, comme souvent lié au matériel loué. Pour pouvoir faire tous mes mouvements de caméra, j’avais loupé des rails de travelling étroits pour pouvoir les caser facilement dans toutes les pièces. Le souci est que le « bazooka » était fait pour une tête de trépied de caméra professionnelle, et on a dû bricoler un truc ridicule dans l’urgence, qui explique un panoramique bien laborieux (et surtout à la bourre).

C’est un peu à cause de ça que pour mon film de fin de troisième année, je déciderai de louer un steadicam, qui me posera d’autres problèmes techniques et ne remplacera pas toujours très bien un travelling rectiligne, mais j’y reviendrai évidemment… Sinon, hormis le mixage son évidemment pas très maîtrisé de la scène de groupe, là encore largement bricolé au montage, l’ensemble se tient plutôt bien je trouve. Côté anecdotes, outre un caméo tout hitchcockien à 43″, la séquence d’intro a été réalisée sur la terrasse de ma maison (détruite depuis – la terrasse, pas la maison) avec juste une table empruntée au bar d’à côté, et l’ajout d’une ambiance sonore tirée d’une librairie gratuite… Enfin, l’avant-dernière scène voit l’apparition amicale de Claude Aygalenc, acteur de théâtre et vétéran de la troupe locale, qui nous a hélas quittés un peu plus d’un an après le tournage. J’avoue ignorer totalement s’il avait déjà participé à des films courts ou longs, mais je suis vraiment heureux de l’avoir fait tourner.

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