Auteur : Guillaume Verdin

Souvenirs : L’invraisemblable vérité (octobre 1996)

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Mission : Impossible (1996)Suivant mon planning approximatif et évolutif, ce souvenir devait être l’avant-dernier mais il risque hélas d’être mon dernier article de blog tout court pour un certain temps… Cependant, son thème tombe du coup assez bien, déjà parce que Brian De Palma est mon réalisateur préféré et que je l’ai réellement découvert avec Mission : Impossible (1996), mais aussi parce qu’il me permet d’évoquer des souvenirs bien plus anciens, auxquels j’aurais pu d’ailleurs consacrer des articles qui n’auraient toutefois pas collé à ce format. En effet, tout remonte à un traumatisme d’enfance qui me semblait avoir eu lieu quand j’avais environ trois ans, car je crois que c’est à partir de cet âge que j’ai eu des difficultés à m’endormir pendant pas mal d’années, mais je n’en suis plus très certain. Dans mon souvenir, j’avais vu à la télévision un homme face à son miroir enlever peu à peu des parties de son visage pour révéler une apparence monstrueuse, ce qui fait évidemment penser (hormis la fin) à une scène de L’Homme qui venait d’ailleurs (1976) avec David Bowie. Mais je me rappelle aussi que mon frère avait parlé de la série La Cinquième Dimension, et après recherches, j’ai fini par trouver l’épisode A Day in Beaumont (réalisé par le Français Jeannot Szwarc) qui ne colle pas parfaitement non plus, même si ces arrachages de masques m’auraient forcément traumatisé. Le souci est qu’il n’a été diffusé aux États-Unis qu’en avril 1986, et j’ai sans doute pu avoir vu avant ça la mini-série V (1983) où l’on trouve aussi une scène dérangeante d’un extra-terrestre qui arrache lentement la peau de son visage…

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Souvenirs : Les rêves brisés (fin 1995)

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Dans mon article consacré à la TNA/Impact Wrestling, je racontais que j’avais découvert cette compagnie en cherchant ce qu’était devenu Goldust. Je l’avais d’abord retrouvé à la WWE quand je m’étais remis au catch en 2002, alors qu’il venait juste de revenir de la défunte WCW, mais il est finalement reparti fin 2003. Or quand j’ai commencé à suivre la TNA au printemps 2005 (je crois), même si j’ai vu quelques pay-per-view rétrospectivement, c’était un peu trop tard puisqu’il venait de quitter la compagnie… avant d’y revenir en 2007. Le bougre a en effet beaucoup bougé, puisqu’il vient de terminer son cinquième (!) run à la WWE pour rejoindre l’AEW de son frangin ! Et s’il m’a beaucoup marqué, c’est qu’il a sans doute été le premier catcheur dont je suis devenu fan, ayant assisté à ses débuts. Une découverte tardive, donc, mais avant que Nulle par ailleurs ne démocratise l’esprit Canal au milieu des années 1990 justement, beaucoup de gens (dont ma famille) avaient tendance à oublier que la chaîne avait des programmes en clair. Donc jusque-là, ma perception du catch se limitait aux pubs pour les jeux dans les magazines, et surtout à mes séjours au Royaume-Uni puisque la discipline y était bien plus populaire. Je me souviens y être resté bloqué sur un PLV d’Ultimate Warrior, catcheur certes médiocre mais qui ressemblait à un Maître de l’univers en vrai.

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Souvenirs : La trahison (mai 1995)

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Mortal Kombat (arcade)Le dernier souvenir correspondant à un jeu vidéo remonte à environ trois ans plus tôt, mais celui que je vais aborder à présent couvre en réalité plusieurs années et une part importante du début de mon adolescence. Au cas où mes articles sur le cinéma en particulier n’auraient pas été assez clairs, j’ai toujours été très peureux, mais fasciné par ce qui m’effrayait. Le premier Mortal Kombat (1992) a eu un impact mondial – j’ai récemment traduit un article à ce sujet pour Le Mag MO5.COM – mais plus particulièrement sur moi, et il y avait plusieurs raisons à cela. Déjà, comme pour tout le monde, il y avait l’aspect gore qui, cumulé aux graphismes digitalisés, donnait un aspect snuff movie au jeu et accentuait son côté transgressif. Mais il y avait aussi le fait que le portage Mega Drive était considéré le meilleur (surtout parce que le gore n’y était pas censuré) comme l’évoque justement l’article et, étant alors un joueur SEGA, cette version revêtait ainsi un caractère « militant » dans la guerre des 16-bit. Et puis étant fan de ninjas, d’arts martiaux et me souvenant sans doute inconsciemment du personnage des Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986) qui a inspiré Raiden, son univers me parlait.

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Souvenirs : Les Montagnes russes (janvier 1993)

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Dracula (1992)Après six souvenirs consécutifs consacrés aux jeux vidéo, j’en reviens à mon autre passion, le cinéma, laissé en 1989 avec une projection sous tension d’Abyss. Non pas qu’aucun long-métrage ne m’ait marqué jusque début 1993, mais comme la plupart des films déjà abordés (et ceux à venir), Dracula (1992) fait encore partie de mes préférés aujourd’hui. Et il y a en plus un critère objectif cette fois ; c’est le premier film interdit aux moins de douze ans que j’ai vu. Ayant un an d’avance, j’avais été très frustré de ne pas avoir l’âge requis pour Terminator 2 à l’automne 1991 alors que (presque) tous mes camarades de classe l’avaient – cela m’a permis au moins de voir d’abord l’original que j’estime toujours aujourd’hui bien meilleur (mais c’est un autre débat). Jusque-là, j’étais déjà très attiré par le cinéma fantastique, comme beaucoup d’enfants, et j’avais dû être impressionné par la bande-annonce, notamment le fameux plan de la croix qui tombe au ralenti. Il faut dire aussi que la photographie de Michael Ballhaus, surtout connu pour son travail avec Fassbinder – et ce sont clairement les films de ce réalisateur que je préfère –, est somptueuse. J’ai donc couru aller voir le film à sa sortie au cinéma près de chez moi et, une fois ma place achetée, j’ai patienté dans le hall le temps que la séance précédente finisse. Et c’est alors que je me suis approché du panneau où sont épinglées toutes les photos des films proposés dans les deux salles du cinéma…

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Souvenirs : Tel est pris qui croyait prendre (1992)

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El Viento (Mega Drive)En 1990, je suis rentré en sixième et j’ai rapidement sympathisé avec un dénommé Nicolas, car il avait lui aussi une Master System. Mais pour Noël (ou son anniversaire en fin d’année ?), il devait avoir la Mega Drive, et je me souviens qu’il avait même le droit de toucher la manette en avance – la console est sortie en novembre. Nous l’aurons également mais plus tard, en 1991 il me semble, avec Quackshot et Mercs, via l’ami de mon frère qui avait l’Atari ST – tout se recoupe ! Le problème est que sur la 16-bit de SEGA, surtout au début bien entendu, on ne trouvait pas aussi facilement de jeux à 99 F et l’achat d’une cartouche demandait plus de réflexion, surtout qu’il fallait se mettre d’accord avec mon frère. Cela dit, j’avais eu l’idée de profiter d’un anniversaire pour demander à mes amis de se cotiser pour m’acheter un jeu, plutôt que chacun ramène un gadget comme le veut la tradition. À cette époque, j’organisais plutôt mon anniversaire en janvier pour ma fête car en août, tous les copains étaient en vacances… Et donc une fois, sans doute en janvier 1992 (mais peut-être en 1993), j’avais demandé à Nicolas d’organiser une cagnotte pour m’offrir Last Battle (1989). Oui, enfant j’avais des goûts de chiotte et je ne choisissais pas les jeux en fonction de leurs qualités – je savais qu’il avait eu des mauvaises notes – mais tout simplement au feeling, et il n’était pas cher, dans les 200 F je crois. En passant, je croyais juste qu’il était pompé sur Ken le Survivant et j’ignorais que l’original japonais était sous licence officielle du manga…

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Souvenirs : Dans les griffes de Mandara (1991)

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Shinobi (Master System)Comme j’ai déjà eu l’occasion de le raconter dans un précédent article, l’adaptation de Shinobi (1987) avait été ma principale raison de choisir une Master System, pour la bête raison que j’étais fan de ninjas et que c’était le seul jeu du genre dont j’avais alors entendu parler… Ma vie ou du moins mon parcours de joueur aurait donc été tout autre si j’avais vu Ninja Gaiden (1988) sur NES ou Ninja Spirit (1990) sur PC Engine ! Et comme je l’avais aussi expliqué, j’ai dû me contenter dans un premier temps de cartouches à 99 Francs et, comme celle-ci devait être à 299 F, je ne l’ai pas eu tout de suite ; cela a dû être mon septième jeu après Golden Axe (1989), le premier « plein tarif ». Mais autant j’ai adoré ce dernier malgré les limitations de cette version, autant j’ai presque regretté mon achat avec Shinobi… Car il était trop difficile pour le joueur encore débutant que j’étais. Il faut savoir que l’une des raisons qui me confortait dans le choix de la Master System plutôt que la NES, c’était que je trouvais les jeux plus faciles sur la 8-bit de SEGA, car il s’agissait de portages de jeux d’arcade bien souvent. Et paradoxalement, même si ces derniers sont conçus pour inciter à enchaîner les crédits, ils font (en général) réapparaître le joueur là où il est mort s’il perd un crédit – le privilège du riche. Et je supportais très mal de devoir revenir au début du niveau dans les Mario ou Batman typiquement… Or l’adaptation de Shinobi avait été en quelque sorte consolisée, même si cela signifie également qu’on dispose d’une jauge d’énergie au lieu de mourir en un seul coup comme en arcade. Mais c’est un autre choix de design qui m’a gâché le jeu.

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Je n’ai pas détesté The Monster

The MonsterMalgré un regain de forme du cinéma d’horreur, sur le plan commercial du moins et en grande partie via la société Blumhouse (Halloween), le genre ne semble plus capable de nous offrir des chefs d’œuvre et surtout de nouveaux auteurs… Les amateurs connaissent sans doute fort bien ce cycle à la Sonic où la rumeur nous annonce une nouvelle pépite, qui s’avère le plus souvent surfaite au final, quand ce n’est pas son auteur qui déçoit dès son film suivant. Parmi ces quelques films qui émergent de temps à autre de la masse de ratages, The Strangers (2008) avait pas mal fait parler de lui avant que « l’invasion domestique » ne devienne le nouveau cliché du genre. Et à l’occasion de la sortie d’une suite (par un autre réalisateur) au printemps, le film a fait son arrivée sur Netflix. Indéniablement efficace, il marque surtout par sa fin audacieuse mais force est de constater que ça n’a pas suffi à installer son auteur Bryan Bertino dans le paysage… Il a toutefois réalisé trois autres films depuis dont le dernier en date, The Monster (2016), vient justement de tomber sur OCS. Or c’est sur ce même service que j’ai pu voir sur le tard, il y a quelque temps, Cujo (1983) auquel il est du coup difficile de ne pas penser devant The Monster, puisqu’il s’agit également d’une femme et de son enfant traqués par une bête et se réfugiant pendant une bonne partie du film dans une voiture. Mais le reste est évidemment très différent, et The Monster est à mon avis autrement plus réussi.

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Souvenirs : Le Mal des transports (1990 ?)

Souvenir précédent

Comme le souvenir précédent, celui-ci est difficile à dater pour plusieurs raisons. Parce qu’il concerne en fait plusieurs traversées de la Manche, allers et retours, parce que je pense, mais je n’en suis pas certain, que ça a débuté dès le premier voyage, et parce que je ne suis pas tout à fait sûr non plus de la date de ce premier séjour au Royaume-Uni. Ce qui est certain (et encore), c’est qu’on était en pleine « Batmania » (le film est sorti en France en septembre 1989), que mon frère y a acheté le médiocre Ghostbusters II (daté de 1989 sans plus de précision), notre troisième jeu sur Atari ST qu’il finira par effacer par mégarde – sans doute en essayant de le copier… – et surtout que ce souvenir concerne avant tout la borne d’arcade de Mercs, sorti au printemps 1990. En outre, je crois y avoir acheté Fortress of Fear sur Game Boy qui date de 1990 également, mais c’était peut-être lors d’un séjour suivant. En tout cas, tout a démarré par une difficile traversée de la Manche en ferry. Pour ceux qui n’ont jamais pris de bateau, le tangage (et donc le mal de mer qui va avec) est intimement lié au temps qu’il fait et, comme mon père avait tendance à éviter la pleine saison estivale pour nos départs en vacances, et que la Grande Bretagne n’a jamais été réputée pour son climat ensoleillé, vous imaginez bien que ce trajet était le plus souvent un calvaire pour mon frère et moi, déjà sujets au mal des transports en voiture…

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Trois chocs cinématographiques

Le Coureur

L’un des grands drames de la vie d’un cinéphile, c’est que même s’il lui reste toujours un nombre incroyable de films à découvrir (dont il n’aura sans doute le temps de voir qu’une fraction), il devient de plus en plus rare d’être vraiment transporté. Plus on en voit, plus on devient exigeant, et surtout les films deviennent de plus en plus prévisibles, même dans leur virtuosité. On se surprend du coup à rechercher des choses plus originales, audacieuses voire même bancales, pour y trouver le début d’un vertige. Mais c’est aussi un problème de curiosité. Certes, je ne suis pas du genre à voir et revoir mes films préférés – il y en a peu, même parmi mes favoris, que j’ai visionné plus de trois, quatre fois – mais j’ai tendance à regarder les œuvres de cinéastes réputés et que je connais souvent déjà, influencé comme tout le monde par la critique et les historiens qui tendent à identifier des auteurs. Alors bien entendu, cela permet aussi d’en découvrir, comme Paul Vecchiali ou Jean Grémillon en ce qui me concerne, ou de voir les chefs d’œuvre de réalisateurs que l’on connaissait mal jusque-là – Skolimowski et Fassbinder, par exemple. Or certains films sont injustement méconnus parce que leur auteur n’a pas fait grand-chose d’autre ou, plus simplement, parce qu’ils n’ont pas été édités en vidéo jusqu’à récemment. C’est le cas des trois que je vais vous présenter.

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Souvenirs : Planète Magique (1991 ?)

Visite guidée de l'attraction Aladin en 1989

Visite guidée de l’attraction Aladin en 1989

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Je fais partie des rares personnes à avoir connu Planète Magique, un parc d’attractions couvert imaginé par Bernard Deyriès et Jean Chalopin, le légendaire créateur d’Inspecteur Gadget, Ulysse 31, Les Mystérieuses Cités d’Or, M.A.S.K., etc. Très en avance sur son temps, ce lieu qui était installé au théâtre de la Gaîté-Lyrique, alors quasiment à l’abandon depuis les années 1960, n’a ouvert que très peu de temps. Un professeur m’avait dit que ça n’avait duré qu’une dizaine de jours, en décembre 1989, mais j’ai du mal à croire que j’ai eu autant de chance ; je l’ai à mon avis plutôt visité à sa réouverture fin 1990, sachant que la fermeture définitive a eu lieu en juin 1991. Le même prof avait aussi prétendu que c’était la navette à sensation située au milieu du bâtiment qui aurait causé cet abandon, en raison d’effets magnétiques ou autres sur le voisinage, mais je n’ai trouvé aucune information à ce sujet. Il semble plutôt, et Deyriès l’a confirmé dans un épisode de BiTS, que c’est la partie informatique qui n’était pas assez fiable. Car même si au final, ce n’était pas tout à fait ce qui avait été prévu initialement, puisque le parc devait davantage être dédié aux créations de Chalopin, c’était l’endroit parfait pour un fan de jeu vidéo, une sorte de game center proposant des attractions préfigurant la réalité virtuelle ou augmentée, et les escape games très en vogue actuellement.

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