Cinéma

Souvenirs : Erreur de salle (1988)

Souvenir précédent

Le Grand Bleu (1988)Même si certains se sont peut-être déjà retrouvés dans les deux précédents, ce souvenir est sans doute encore plus universel. À vrai dire, mon frère a exactement le même, mais avec un autre film et pas n’importe lequel : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986), celui de mon premier souvenir (sur ce blog s’entend, hein ?). En même temps, c’est assez logique puisque c’était le premier film que nous allions voir sans ma mère. Or Le Grand Bleu (1988) est le premier que je sois allé voir seul et, pour l’anecdote, le premier que je sois allé voir deux fois puisque j’y suis retourné accompagné par la suite. Et aller voir un film tout seul, quand on n’a pas encore huit ans, c’est assez impressionnant, même quand la salle n’est pas très loin de chez soi. Je ne me souviens plus si j’avais l’habitude d’arriver en avance à cette époque mais, même si le cinéma ne comptait (et ne compte toujours) que deux salles, il était difficile de ne pas échapper à l’angoisse de s’être trompé… Car une fois assis, rien ne nous confirme qu’il s’agit de la bonne. Mais le pire, c’est quand la séance est commencée, et pas seulement pour trouver son chemin dans le noir. Ce cinéma ne passait alors pas encore de publicités et, comme on arrivait donc forcément pendant une bande-annonce, ou pouvait avoir l’impression que le film était commencé. Je me souviens très bien avoir eu ce doute devant celle du Nom de la Rose, mais ce devait justement être avant Jack Burton, vu les dates.

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Souvenirs : La Main protectrice (1986)

Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986)Ce texte est le premier d’une série (que j’espère assez longue) d’articles qui devraient toutefois beaucoup varier en matière de longueur. J’ai ressenti le besoin de raconter certains souvenirs marquants de ma jeunesse, mais trop personnels pour être publiés sur le site dont je m’occupe, et pas forcément liés aux jeux vidéo puisque le premier a trait au cinéma, et qu’il y en aura peut-être sur le catch. J’ai déjà établi une liste de treize anecdotes que je pense avoir classées par ordre à peu près chronologique, mais je ne préfère pas la diffuser pour l’instant d’autant qu’à tous les coups, d’autres vont me revenir et sans doute bouleverser cet ordre… Je commence donc avec l’un de mes premiers chocs cinématographiques, même si Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986) n’est pas le premier film que j’ai vu en salle. J’avais déjà été traumatisé bien avant ça, à l’âge de trois ans, par les projections d’E.T. (1982) et surtout de L’Espion qui m’aimait (1977) dans un village de vacances. Bizarrement, la séquence assez kitsch de ce dernier où Requin (le méchant) traque un malheureux, en brisant avec ses dents le cadenas de la cellule dans laquelle il s’est caché, a eu un impact bien plus profond sur moi que la scène (assez sublime pour l’avoir revue) où une jeune femme est jetée dans le bassin d’un requin (le poisson). Quoi qu’il en soit, ma fascination pour le cinéma a commencé comme cela, par la peur, d’où mon goût pour les films fantastiques et d’horreur.

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Le vertige métaphysique du zoom

Vertigo (1958)

Le vertige (physique) exprimé grâce au zoom

Si la demi-dioptrie est ma technique cinématographique fétiche (d’où le nom de ce blog), le zoom est un procédé encore plus fondamental pour moi, ne serait-ce que parce qu’il est plus fréquent. Hélas, il a acquis une mauvaise réputation dans les années 1970 à cause de sa surutilisation par les Italiens et les Hongkongais en particulier, puis par les vidéastes amateurs dans les décennies suivantes. Cela a conduit à l’idée reçue qu’il est banni chez les professionnels ; or c’est totalement faux. Avant d’être une technique narrative, le zoom est un dispositif optique, plus précisément un objectif dont la focale est réglable durant la prise de vue. Jusque-là, tous les objectifs avaient une focale fixe, c’est-à-dire un champ de vision donné. Pour faire simple, une courte focale correspond à un « grand angle » de vision, parfois jusqu’à la déformation comme à travers le judas d’une porte (on parle d’objectif fisheye). À l’opposé, la longue focale, appelée téléobjectif quand elle est très longue, permet de montrer des détails très éloignés à la manière d’une longue vue. Il est important de noter que le zoom n’a pas fait disparaître les focales fixes pour autant, qui sont techniquement de meilleure qualité. De plus, travailler avec des objectifs à focale fixe est une bonne discipline pour les débutants.

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Pour en finir avec les crossovers de super-héros

Justice League

Après mon délire personnel sur les films en cartouches, je vous propose en ce lendemain de second tour un débat sans doute aussi segmentant dans les cours de récré que celui de l’abstention. Il faut dire que le phénomène de multiverse commence à contaminer l’ensemble de Hollywood, alors que le récent King Kong se déroule dans le même univers que Godzilla et prépare une (nouvelle) rencontre entre les deux bébêtes, et tandis que La Momie devrait donner le point de départ d’une série de reboots de films de monstres Universal – mais cette fois connectés puisque le Dr. Jekyll (Russel Crowe) est déjà là pour jouer le rôle du Samuel L. Jackson de service. C’est donc indéniablement une tendance lourde (et vraiment lourde) qui a sans doute ses avantages économiques, comme inciter les spectateurs à voir tous les films de l’ensemble pour comprendre quelque chose. Et si l’idée est bien accueillie, c’est aussi qu’elle réalise un fantasme puéril de geek. Mais comme chaque parent le sait bien, un enfant réclame souvent à cor et à cri quelque chose avant de réaliser, une fois qu’il l’a reçu, que ce n’est pas vraiment ce à quoi il s’attendait. Et pas forcément parce que la promesse a été mal tenue, mais tout simplement parce que ce n’était pas une si bonne idée depuis le début !

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Pour un nouveau support pour les films

Suggestion de présentation

Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un fervent défenseur du CD. Je le trouve tout d’abord fragile et délicat à manipuler, ce qui est d’ailleurs la raison pour laquelle Philips avait tenté de remplacer sa propre invention par la cassette digitale. Et s’il offrait à l’origine un temps d’accès bien plus rapide que la cassette, c’est aujourd’hui l’un des supports les plus lents, et il est en outre bien plus dégradable que ne le pensent la plupart des gens. Il est aussi intéressant de noter que ce qui ont été ses principales qualités à l’époque de sa conception sont devenus des handicaps. Son espace de stockage est désormais largement supplanté par la moindre carte SD et sa facilité de fabrication l’a rendu extrêmement simple à pirater. D’où le recours, quel que soit le domaine, aux éditions collector contenant plein d’éléments physiques non reproductibles, ce qui permet aussi de lutter contre l’essor irrémédiable du dématérialisé. En bref, je pense que le support optique est en bout de course, et la seule raison qui pousse à continuer de l’utiliser, c’est cette « habitude » contre laquelle je m’efforce de lutter – la même qui incite les gens à considérer la stéréoscopie comme quelque chose d’artificiel parce qu’ils ont pris l’habitude de regarder des images ne reproduisant la réalité que de manière incomplète, comme je le rappelais pour la énième fois dans mon précédent billet.

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Pour en finir avec le Fossoyeur de Films

Le Fossoyeur de Films

La vignette annonce la couleur… ou pas

Je sais que le titre de cet article est accrocheur mais – désolé aux amateurs de règlements de compte – je n’ai ni l’intention ni l’ambition de mettre fin aux exactions du Fossoyeur de Films ; c’est juste qu’on pouvait difficilement trouver mieux comme titre pour répondre à sa vidéo « Pour en finir avec la 3D ». D’ailleurs, lui-même ne cherche pas avec celle-ci à descendre le procédé ; c’est avec le débat qu’il veut en finir, en renvoyant défenseurs et détracteurs dos à dos – tactique que j’utilise moi-même au sujet du clonage humain. Néanmoins, il me faut commencer par rappeler que si je fais l’apologie de la 3D, c’est précisément parce qu’elle est majoritairement détestée. Ceux qui me connaissent savent que je choisis presque toujours le camp de la minorité opprimée, même pour choisir une marque de soda. Peut-être que si la 3D était partout, je ferais donc partie de ses plus grands détracteurs… Alors, que nous dit le Fossoyeur sur le sujet ? Ni pour, ni contre, bien au contraire ? Le souci est que même si sa démarche me semble bonne, dans la pratique, ses arguments brossant les détracteurs dans le sens du poil sont bien plus nombreux et nourris il me semble… Parce qu’au fond, on y retrouve la mentalité réactionnaire des jeunes cinéphiles d’aujourd’hui.

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3 séries B sauvées par la 3D

De la confusion entre 3D, réalité augmentée et réalité virtuelle dans la culture populaire

De la confusion entre 3D, réalité augmentée et réalité virtuelle dans la culture populaire

Il m’était possible de publier ce nouvel article dès cet été, mais je voulais l’éloigner autant que possible de mon dernier sur le sujet… Depuis, la situation de la 3D s’est encore empirée, entre des films comme SOS Fantômes et Doctor Strange difficiles à voir dans ce format sur Paris alors qu’ils ont été clairement pensés pour, bien qu’il s’agisse de conversions. Le site Real or Fake 3D n’est en outre plus mis à jour depuis la fin octobre et, summum symbolique de la situation, le seul fabricant à proposer des écrans 4K compatibles 3D, LG, ne l’indique même plus sur l’emballage pour ne pas faire peur aux acheteurs !… Autre conséquence absolument pathétique de l’attitude des constructeurs, le casque PlayStation VR, qui permet aussi de regarder façon écran de cinéma personnel des Blu-rays – et même n’importe quel support utilisant le HDMI, y compris les consoles des concurrents ! – ne peut pas (encore ?) lire les Blu-rays 3D. Il doit y avoir quelque chose qui m’échappe, parce qu’il me semblait pourtant enfantin de gérer les deux images du format 3D, dans la mesure où le casque doit de toute façon afficher précisément… deux images. En est-on vraiment arrivé à un point où Sony pense que les premiers adeptes de la réalité virtuelle sont refroidis par un procédé qui est pourtant intrinsèque à la VR ? Bref, changeons-nous un peu les idées :

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Notes sur quelques films en 3D

La Bataille de la Montagne du Tigre

Seule la 3D fait honneur à la fourrure et la coiffure du Dr. Eggman de Hawk

Ayant du mal à trouver de nouveaux sujets d’articles, je me suis rabattu sur mon violon d’Ingres, la 3D, surtout que ce n’est finalement pas moins polémique que l’article politique que j’hésitais à faire… Après mon texte sur la généralisation inquiétante de la conversion l’été dernier, j’avais songé à faire un bilan des films de 2015 mais j’en avais justement loupés en salles, parce que certains d’entre eux sont hélas difficiles à voir en 3D au cinéma, notamment si on préfère la VO pour les films d’animation. Cela ne me gêne pas trop quand il s’agit de conversion (Au Cœur de l’océan, WarCraft), mais ça m’attriste vraiment pour les rares films tournés en 3D (Le Dernier Loup, La Bataille de la montagne du tigre, Le Livre de la Jungle)… On frôle encore une fois le sabotage, sauf que je ne comprends pas qui a à gagner quoi dans l’affaire. Surtout que pendant ce temps-là, les films de super-héros DC et Marvel sont systématiquement disponibles en 3D, alors que certains d’entre eux, en particulier ceux de l’écurie Disney, ne sont vraiment pas filmés pour ça… Et sont d’ailleurs très mal filmés tout court à mon avis. Eh, je vous avais prévenus que ce serait un article polémique !

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Stuart Gordon, le turbulent des fluides

Stuart Gordon

Comme je le disais dans mon précédent article, je suis à cours de sujets hormis une parodie de chanson très private joke et un article polémique sur le « bon sens », et je suis mal à l’aise avec les deux pour des raisons différentes… Et comme j’entends toujours autant « beat them all » et des conneries sur la 3D autour de moi, je dois bien me rendre à l’évidence ; je suis inaudible et il est triste que les gens qu’on écoute le plus (#Kanye) ne soient pas forcément ceux qui ont quelque chose à dire… Fin 2009, je me lançais dans l’écriture de deux livres en simultané : un recueil de nouvelles et un livre sur le réalisateur Stuart Gordon. L’idée était qu’en menant deux projets en parallèle, je conserverais forcément de l’intérêt pour au moins l’un des deux ; et ça s’est plutôt vérifié. Mais j’ai surtout donné la priorité aux nouvelles, que j’ai envoyées à un éditeur en février 2014 et qui sont restées dans ses tiroirs – c’est une longue histoire – près de deux ans, et sans succès. Or à un moment donné, je m’étais demandé si ça n’aurait pas été intéressant de « sacrifier » une nouvelle en la publiant sur ce blog. Mais j’ai beaucoup hésité sur le candidat, puisqu’il fallait choisir l’une des histoires les plus efficaces, mais pas forcément la meilleure afin de préserver l’ensemble…

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Converti à la 3D… mais pas à la conversion !

Mad Max: Fury Road (2015)

Résignée, Furiosa songe à ce qu’aurait pu donner Mad Max en vraie 3D…

J’ai déjà beaucoup eu l’occasion de défendre la 3D sur mon blog, que ce soit au cinéma ou dans les jeux vidéo, et je pensais ne plus avoir à en reparler comme le procédé semblait s’être démocratisé, du moins dans les salles obscures… Mais l’actualité récente, en particulier suite au succès de Mad Max, m’oblige de nouveau à aborder le sujet car la majeure partie du public n’a sans doute même pas conscience de l’étonnante escroquerie que Hollywood est en train de nous concocter. Moi-même, je pensais naïvement pouvoir boycotter les films convertis, du moins contre le désir de leurs auteurs (My Soul to Take, Le Dernier Maître de l’Air), mais il faut dire qu’à l’époque, c’était tellement raté que ça se voyait au premier coup d’œil. Hélas, Marvel et Warner en particulier ont raffiné le procédé – il faut dire que les blockbusters contiennent de plus en plus d’images de synthèse – et il est donc en train de se généraliser. Le site Real or Fake 3D recense les films tournés en 3D et ceux qui sont convertis, et on y voit clairement comment le rapport de force a basculé en 2015 ! Et c’est d’autant plus déprimant que la plupart des films en vraie 3D sont des films d’animation…

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