Souvenirs : La Main protectrice (1986)

Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986)Ce texte est le premier d’une série (que j’espère assez longue) d’articles qui devraient toutefois beaucoup varier en matière de longueur. J’ai ressenti le besoin de raconter certains souvenirs marquants de ma jeunesse, mais trop personnels pour être publiés sur le site dont je m’occupe, et pas forcément liés aux jeux vidéo puisque le premier a trait au cinéma, et qu’il y en aura peut-être sur le catch. J’ai déjà établi une liste de treize anecdotes que je pense avoir classées par ordre à peu près chronologique, mais je ne préfère pas la diffuser pour l’instant d’autant qu’à tous les coups, d’autres vont me revenir et sans doute bouleverser cet ordre… Je commence donc avec l’un de mes premiers chocs cinématographiques, même si Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986) n’est pas le premier film que j’ai vu en salle. J’avais déjà été traumatisé bien avant ça, à l’âge de trois ans, par les projections d’E.T. (1982) et surtout de L’Espion qui m’aimait (1977) dans un village de vacances. Bizarrement, la séquence assez kitsch de ce dernier où Requin (le méchant) traque un malheureux, en brisant avec ses dents le cadenas de la cellule dans laquelle il s’est caché, a eu un impact bien plus profond sur moi que la scène (assez sublime pour l’avoir revue) où une jeune femme est jetée dans le bassin d’un requin (le poisson). Quoi qu’il en soit, ma fascination pour le cinéma a commencé comme cela, par la peur, d’où mon goût pour les films fantastiques et d’horreur.

Mais je n’ai sans doute pas eu l’occasion d’aller au cinéma par la suite jusqu’en 1986, lorsqu’une salle ouvre juste à côté de chez moi cette année-là. Dans un premier temps, je suis surtout allé voir des dessins animés et des comédies avec ma mère. Et puis voilà qu’un jour de septembre (vraisemblablement vu la date de sortie du film en France), quelque temps après mes six ans, je vais subir un nouveau choc cinématographique. Je revois encore ma mère, dans la cuisine, feuilleter le programme du cinéma que l’on venait de recevoir, et me faire la réflexion étrange : « Tiens, un film avec plein de monstres, ça devrait te plaire. » Drôle de recommandation à un enfant qui a peur du noir et rencontre d’énormes difficultés à s’endormir… Voyant que j’appréhende d’autant que je dois cette fois y aller seul avec mon frère, elle me conseille de mettre ma main devant mes yeux, quitte à jeter un œil entre deux doigts, si j’ai trop peur pendant le film. Mais ce conseil n’est pas bien meilleur ; autant carrément fermer les yeux, car on voit presque aussi bien entre deux doigts que les yeux grands ouverts, et un enfant a beaucoup de mal à détourner le regard d’un écran – je me souviens d’ailleurs avoir commencé à me rapprocher de plus en plus de l’écran à l’adolescence, au fur et à mesure que perdais cette impression que l’image épousât mon regard dans son intégralité…

David Lo Pan... ou Dracula ?

David Lo Pan… ou Dracula ?

Ma première tentative de suivre ce conseil mal avisé, au moment où des rayons de lumière émergent du vieux David Lo Pan et rendent sa peau transparente, rencontre donc un échec cuisant et il en sera de même pour les squelettes flottant dans l’eau et surtout le type qui gonfle jusqu’à exploser – j’aurais par la suite longtemps peur des gens à l’air constipé dans les films, de peur qu’ils éclatent aussi… Néanmoins, le film a été un enchantement et tous mes ingrédients préférés étaient déjà réunis : de la magie, des arts martiaux, des ninjas, Raiden avant l’heure, etc. Bien plus tard, John Carpenter deviendra l’un de mes trois réalisateurs préférés, mais ce qui me trouble le plus aujourd’hui, ce sont les correspondances étranges entre ce film et un autre de mes chocs cinématographiques, Dracula (1992), qui fera d’ailleurs l’objet d’un prochain article bien entendu. L’un et l’autre ont un méchant qui change d’âge, se déplace en glissant et enserre une photo entre ses doigts griffus… Et la ressemblance est en plus renforcée par le costume conçu par la Japonaise Eiko Ishioka dans le film de Coppola. On dit qu’un grand cinéaste refait toujours le même film, mais peut-être qu’un cinéphile cherche inconsciemment à retrouver dans les autres le film qui l’a profondément marqué.

P.S. : Bien entendu, à la vision du film, je suis tombé amoureux de Kim Cattrall. Or en général, quand on pense aux actrices qu’on aimait enfant, on se dit toujours qu’on aurait voulu être né plus tôt pour avoir ses chances… Or des années plus tard, il y a près de dix ans il me semble, j’apprenais sur Allociné, via une liste des couples de célébrités présentant un écart d’âge important, que l’actrice sortait alors avec un type qui avait exactement mon âge. Hum.

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