Souvenirs : Erreur de salle (1988)

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Le Grand Bleu (1988)Même si certains se sont peut-être déjà retrouvés dans les deux précédents, ce souvenir est sans doute encore plus universel. À vrai dire, mon frère a exactement le même, mais avec un autre film et pas n’importe lequel : Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986), celui de mon premier souvenir (sur ce blog s’entend, hein ?). En même temps, c’est assez logique puisque c’était le premier film que nous allions voir sans ma mère. Or Le Grand Bleu (1988) est le premier que je sois allé voir seul et, pour l’anecdote, le premier que je sois allé voir deux fois puisque j’y suis retourné accompagné par la suite. Et aller voir un film tout seul, quand on n’a pas encore huit ans, c’est assez impressionnant, même quand la salle n’est pas très loin de chez soi. Je ne me souviens plus si j’avais l’habitude d’arriver en avance à cette époque mais, même si le cinéma ne comptait (et ne compte toujours) que deux salles, il était difficile de ne pas échapper à l’angoisse de s’être trompé… Car une fois assis, rien ne nous confirme qu’il s’agit de la bonne. Mais le pire, c’est quand la séance est commencée, et pas seulement pour trouver son chemin dans le noir. Ce cinéma ne passait alors pas encore de publicités et, comme on arrivait donc forcément pendant une bande-annonce, ou pouvait avoir l’impression que le film était commencé. Je me souviens très bien avoir eu ce doute devant celle du Nom de la Rose, mais ce devait justement être avant Jack Burton, vu les dates.

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Souvenirs : Question de perspective (1987)

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Double Dragon (1987, Atari ST)(ce souvenir revisite un article publié en décembre 2013 sur Retrogame Blog) Comme beaucoup de joueurs dont la passion est née d’une frustration, je ne viens pas d’un milieu très ouvert aux jeux vidéo ni au high-tech en général ; ma famille a sans doute été l’une des dernières en France à s’équiper d’un magnétoscope par exemple, et c’est probablement de là que vient ma fascination pour l’image en général. Il me semble donc que mes connaissances des jeux vidéo étaient proches du néant à sept ans. Je n’avais peut-être même pas encore vu la moindre borne d’arcade dans un café, lieu où je n’avais de toute façon rien à faire à cet âge. Ce n’est que plus tard que je serai fasciné par des jeux comme Shinobi, Rampage ou Operation Wolf, justement parce que je n’avais pas le droit d’y jouer. La Master System et la NES venant à peine d’arriver en France en 1987, j’imagine que ma vision du jeu vidéo se limitait alors à Pac-Man – du moins le dessin animé ! – et à la borne aperçue dans WarGames (1983). J’avais aussi vu une fois, chez des amis de la famille, un jeu qui devait être Dark Castle (1986) sur Macintosh ou une version monochrome de Conan: Hall of Volta (1984) sur Apple ][. C’était impressionnant et la machine avait un prix exorbitant ; ce devait être déjà exceptionnel que les enfants aient le droit de faire une partie, et nous de les regarder jouer.

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Souvenirs : La Main protectrice (1986)

Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986)Ce texte est le premier d’une série (que j’espère assez longue) d’articles qui devraient toutefois beaucoup varier en matière de longueur. J’ai ressenti le besoin de raconter certains souvenirs marquants de ma jeunesse, mais trop personnels pour être publiés sur le site dont je m’occupe, et pas forcément liés aux jeux vidéo puisque le premier a trait au cinéma, et qu’il y en aura peut-être sur le catch. J’ai déjà établi une liste de treize anecdotes que je pense avoir classées par ordre à peu près chronologique, mais je ne préfère pas la diffuser pour l’instant d’autant qu’à tous les coups, d’autres vont me revenir et sans doute bouleverser cet ordre… Je commence donc avec l’un de mes premiers chocs cinématographiques, même si Les Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (1986) n’est pas le premier film que j’ai vu en salle. J’avais déjà été traumatisé bien avant ça, à l’âge de trois ans, par les projections d’E.T. (1982) et surtout de L’Espion qui m’aimait (1977) dans un village de vacances. Bizarrement, la séquence assez kitsch de ce dernier où Requin (le méchant) traque un malheureux, en brisant avec ses dents le cadenas de la cellule dans laquelle il s’est caché, a eu un impact bien plus profond sur moi que la scène (assez sublime pour l’avoir revue) où une jeune femme est jetée dans le bassin d’un requin (le poisson). Quoi qu’il en soit, ma fascination pour le cinéma a commencé comme cela, par la peur, d’où mon goût pour les films fantastiques et d’horreur.

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10 sons de rap français (ou belge) pour changer

Il y a déjà plus de trois ans – plusieurs liens de vidéos sont d’ailleurs morts entretemps – je publiais un article présentant vingt artistes que j’apprécie et qui me semblaient assez méconnus à l’époque ; certains d’entre eux ont bien percé depuis. Et j’avais découvert plusieurs d’entre eux grâce au Mouv’, radio reconvertie depuis quelques années au rap à la manière de Skyrock à une autre époque – cela fait donc deux fois que ça m’arrive ! Cependant, j’avais déjà changé de fréquence depuis longtemps lors du changement dans le cas de Skyrock, tandis que j’écoute toujours Le Mouv’, mais plus pour l’absence de pubs et pour les animateurs, et je regrette d’ailleurs davantage la disparition (ou du moins la diminution) de journalistes de qualité plutôt que la nouvelle programmation musicale. Ils ont en tout cas été beaucoup raillés à l’époque, car ce changement brutal (quoique préparé par la diffusion progressive de rap accessible comme Disiz ou Soprano) pouvait paraître un véritable suicide éditorial, et il est évident qu’ils ont dû perdre pas mal d’auditeurs sur le moment. Et pourtant, ils ont sans doute eu raison à long terme puisque les statistiques montrent bien que ce sont Niska, Damso et Cie qui trônent sur les premières places des différents classements de streaming…

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Le vertige métaphysique du zoom

Vertigo (1958)

Le vertige (physique) exprimé grâce au zoom

Si la demi-dioptrie est ma technique cinématographique fétiche (d’où le nom de ce blog), le zoom est un procédé encore plus fondamental pour moi, ne serait-ce que parce qu’il est plus fréquent. Hélas, il a acquis une mauvaise réputation dans les années 1970 à cause de sa surutilisation par les Italiens et les Hongkongais en particulier, puis par les vidéastes amateurs dans les décennies suivantes. Cela a conduit à l’idée reçue qu’il est banni chez les professionnels ; or c’est totalement faux. Avant d’être une technique narrative, le zoom est un dispositif optique, plus précisément un objectif dont la focale est réglable durant la prise de vue. Jusque-là, tous les objectifs avaient une focale fixe, c’est-à-dire un champ de vision donné. Pour faire simple, une courte focale correspond à un « grand angle » de vision, parfois jusqu’à la déformation comme à travers le judas d’une porte (on parle d’objectif fisheye). À l’opposé, la longue focale, appelée téléobjectif quand elle est très longue, permet de montrer des détails très éloignés à la manière d’une longue vue. Il est important de noter que le zoom n’a pas fait disparaître les focales fixes pour autant, qui sont techniquement de meilleure qualité. De plus, travailler avec des objectifs à focale fixe est une bonne discipline pour les débutants.

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10 raisons pour lesquelles je préfère la TNA

Le logo original de la TNA

Comme je le disais en introduction d’un article précédent, j’ai presque toujours tendance à opter pour le camp minoritaire et opprimé ; j’ai été fan de SEGA à l’époque où ils étaient dominés par Nintendo, puis fan de Nintendo quand Sony est devenu leader par exemple. Je préfère Pepsi à Coca Cola, Quick à McDo, j’ai voté Hamon, etc. Et il m’arrive même souvent de choisir le camp en difficulté avant même de savoir qu’il l’est, et la TNA est un excellent exemple – il y en aura un autre dans un prochain article. Mais il est ici important d’évoquer le concept d’allégeance. Un utilisateur des forums NeoGAF avait très bien expliqué la cause du « fanboysime » dans les jeux vidéo. Comme il est difficile de posséder toutes les consoles, il est naturel pour un joueur de se conforter régulièrement dans son choix en trouvant de bonnes raisons de ne pas en avoir fait un autre, et donc en dépréciant les avantages et les exclusivités des autres machines. Or il n’y a pas de raison que ce soit différent pour le catch, et j’avoue moi-même m’être (en partie) auto-persuadé que la WWE ou le catch japonais n’étaient plus « ce que c’était » pour avoir une bonne raison de n’avoir plus le temps de tout regarder… Et ce mécanisme est à mon avis au cœur même de la vision de la TNA par les fans de catch.

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Comment le marketing a tué la magie

Messmer

Kame-hame…

Ce titre d’article peut ressembler à une tautologie, mais je ne parle pas ici de magie au sens large, mais bien d’illusionnisme ou de prestidigitation. Certes, on peut se dire que dans le monde cynique dans lequel on vit, où des choses aussi incroyables que l’élection d’un clown à la tête des États-Unis sont possibles, il est normal que ce genre de discipline périclite. Mais le souci est qu’elle n’a pas disparu mais qu’elle a évolué, ou plutôt s’est faite remplacer par des escroqueries comme la grande mode de l’hypnose. Pour raccrocher les wagons à mon train (hum), c’est un peu le même drame que lorsque la 3D se démocratise en salles mais que la conversion remplace insidieusement la 3D native jusqu’à sa disparition quasi totale… Il faut dire qu’aujourd’hui, on ne voit de la magie que chez Michel Drucker et Patrick Sébastien, voire sur Internet – hélas avec l’aide d’effets numériques parfois. Et ce n’est pas qu’une question d’avoir perdu son âme d’enfant. Même si on sait qu’il y a un truc et qu’on parvient à le trouver, un tour bien exécuté reste bluffant, comme un plan-séquence réglé au millimètre au cinéma, ou quand un catcheur prend un risque inconsidéré. Car si le but de la magie est de nous surprendre, quitte à nous induire en erreur, ce n’est pas de nous escroquer.

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Pour en finir avec les crossovers de super-héros

Justice League

Après mon délire personnel sur les films en cartouches, je vous propose en ce lendemain de second tour un débat sans doute aussi segmentant dans les cours de récré que celui de l’abstention. Il faut dire que le phénomène de multiverse commence à contaminer l’ensemble de Hollywood, alors que le récent King Kong se déroule dans le même univers que Godzilla et prépare une (nouvelle) rencontre entre les deux bébêtes, et tandis que La Momie devrait donner le point de départ d’une série de reboots de films de monstres Universal – mais cette fois connectés puisque le Dr. Jekyll (Russel Crowe) est déjà là pour jouer le rôle du Samuel L. Jackson de service. C’est donc indéniablement une tendance lourde (et vraiment lourde) qui a sans doute ses avantages économiques, comme inciter les spectateurs à voir tous les films de l’ensemble pour comprendre quelque chose. Et si l’idée est bien accueillie, c’est aussi qu’elle réalise un fantasme puéril de geek. Mais comme chaque parent le sait bien, un enfant réclame souvent à cor et à cri quelque chose avant de réaliser, une fois qu’il l’a reçu, que ce n’est pas vraiment ce à quoi il s’attendait. Et pas forcément parce que la promesse a été mal tenue, mais tout simplement parce que ce n’était pas une si bonne idée depuis le début !

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Pour un nouveau support pour les films

Suggestion de présentation

Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un fervent défenseur du CD. Je le trouve tout d’abord fragile et délicat à manipuler, ce qui est d’ailleurs la raison pour laquelle Philips avait tenté de remplacer sa propre invention par la cassette digitale. Et s’il offrait à l’origine un temps d’accès bien plus rapide que la cassette, c’est aujourd’hui l’un des supports les plus lents, et il est en outre bien plus dégradable que ne le pensent la plupart des gens. Il est aussi intéressant de noter que ce qui ont été ses principales qualités à l’époque de sa conception sont devenus des handicaps. Son espace de stockage est désormais largement supplanté par la moindre carte SD et sa facilité de fabrication l’a rendu extrêmement simple à pirater. D’où le recours, quel que soit le domaine, aux éditions collector contenant plein d’éléments physiques non reproductibles, ce qui permet aussi de lutter contre l’essor irrémédiable du dématérialisé. En bref, je pense que le support optique est en bout de course, et la seule raison qui pousse à continuer de l’utiliser, c’est cette « habitude » contre laquelle je m’efforce de lutter – la même qui incite les gens à considérer la stéréoscopie comme quelque chose d’artificiel parce qu’ils ont pris l’habitude de regarder des images ne reproduisant la réalité que de manière incomplète, comme je le rappelais pour la énième fois dans mon précédent billet.

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Pour en finir avec le Fossoyeur de Films

Le Fossoyeur de Films

La vignette annonce la couleur… ou pas

Je sais que le titre de cet article est accrocheur mais – désolé aux amateurs de règlements de compte – je n’ai ni l’intention ni l’ambition de mettre fin aux exactions du Fossoyeur de Films ; c’est juste qu’on pouvait difficilement trouver mieux comme titre pour répondre à sa vidéo « Pour en finir avec la 3D ». D’ailleurs, lui-même ne cherche pas avec celle-ci à descendre le procédé ; c’est avec le débat qu’il veut en finir, en renvoyant défenseurs et détracteurs dos à dos – tactique que j’utilise moi-même au sujet du clonage humain. Néanmoins, il me faut commencer par rappeler que si je fais l’apologie de la 3D, c’est précisément parce qu’elle est majoritairement détestée. Ceux qui me connaissent savent que je choisis presque toujours le camp de la minorité opprimée, même pour choisir une marque de soda. Peut-être que si la 3D était partout, je ferais donc partie de ses plus grands détracteurs… Alors, que nous dit le Fossoyeur sur le sujet ? Ni pour, ni contre, bien au contraire ? Le souci est que même si sa démarche me semble bonne, dans la pratique, ses arguments brossant les détracteurs dans le sens du poil sont bien plus nombreux et nourris il me semble… Parce qu’au fond, on y retrouve la mentalité réactionnaire des jeunes cinéphiles d’aujourd’hui.

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