Comment le marketing a tué la magie

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Kame-hame…

Ce titre d’article peut ressembler à une tautologie, mais je ne parle pas ici de magie au sens large, mais bien d’illusionnisme ou de prestidigitation. Certes, on peut se dire que dans le monde cynique dans lequel on vit, où des choses aussi incroyables que l’élection d’un clown à la tête des États-Unis sont possibles, il est normal que ce genre de discipline périclite. Mais le souci est qu’elle n’a pas disparu mais qu’elle a évolué, ou plutôt s’est faite remplacer par des escroqueries comme la grande mode de l’hypnose. Pour raccrocher les wagons à mon train (hum), c’est un peu le même drame que lorsque la 3D se démocratise en salles mais que la conversion remplace insidieusement la 3D native jusqu’à sa disparition quasi totale… Il faut dire qu’aujourd’hui, on ne voit de la magie que chez Michel Drucker et Patrick Sébastien, voire sur Internet – hélas avec l’aide d’effets numériques parfois. Et ce n’est pas qu’une question d’avoir perdu son âme d’enfant. Même si on sait qu’il y a un truc et qu’on parvient à le trouver, un tour bien exécuté reste bluffant, comme un plan-séquence réglé au millimètre au cinéma, ou quand un catcheur prend un risque inconsidéré. Car si le but de la magie est de nous surprendre, quitte à nous induire en erreur, ce n’est pas de nous escroquer.

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Pour en finir avec les crossovers de super-héros

Justice League

Après mon délire personnel sur les films en cartouches, je vous propose en ce lendemain de second tour un débat sans doute aussi segmentant dans les cours de récré que celui de l’abstention. Il faut dire que le phénomène de multiverse commence à contaminer l’ensemble de Hollywood, alors que le récent King Kong se déroule dans le même univers que Godzilla et prépare une (nouvelle) rencontre entre les deux bébêtes, et tandis que La Momie devrait donner le point de départ d’une série de reboots de films de monstres Universal – mais cette fois connectés puisque le Dr. Jekyll (Russel Crowe) est déjà là pour jouer le rôle du Samuel L. Jackson de service. C’est donc indéniablement une tendance lourde (et vraiment lourde) qui a sans doute ses avantages économiques, comme inciter les spectateurs à voir tous les films de l’ensemble pour comprendre quelque chose. Et si l’idée est bien accueillie, c’est aussi qu’elle réalise un fantasme puéril de geek. Mais comme chaque parent le sait bien, un enfant réclame souvent à cor et à cri quelque chose avant de réaliser, une fois qu’il l’a reçu, que ce n’est pas vraiment ce à quoi il s’attendait. Et pas forcément parce que la promesse a été mal tenue, mais tout simplement parce que ce n’était pas une si bonne idée depuis le début !

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Pour un nouveau support pour les films

Suggestion de présentation

Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas un fervent défenseur du CD. Je le trouve tout d’abord fragile et délicat à manipuler, ce qui est d’ailleurs la raison pour laquelle Philips avait tenté de remplacer sa propre invention par la cassette digitale. Et s’il offrait à l’origine un temps d’accès bien plus rapide que la cassette, c’est aujourd’hui l’un des supports les plus lents, et il est en outre bien plus dégradable que ne le pensent la plupart des gens. Il est aussi intéressant de noter que ce qui ont été ses principales qualités à l’époque de sa conception sont devenus des handicaps. Son espace de stockage est désormais largement supplanté par la moindre carte SD et sa facilité de fabrication l’a rendu extrêmement simple à pirater. D’où le recours, quel que soit le domaine, aux éditions collector contenant plein d’éléments physiques non reproductibles, ce qui permet aussi de lutter contre l’essor irrémédiable du dématérialisé. En bref, je pense que le support optique est en bout de course, et la seule raison qui pousse à continuer de l’utiliser, c’est cette « habitude » contre laquelle je m’efforce de lutter – la même qui incite les gens à considérer la stéréoscopie comme quelque chose d’artificiel parce qu’ils ont pris l’habitude de regarder des images ne reproduisant la réalité que de manière incomplète, comme je le rappelais pour la énième fois dans mon précédent billet.

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Pour en finir avec le Fossoyeur de Films

Le Fossoyeur de Films

La vignette annonce la couleur… ou pas

Je sais que le titre de cet article est accrocheur mais – désolé aux amateurs de règlements de compte – je n’ai ni l’intention ni l’ambition de mettre fin aux exactions du Fossoyeur de Films ; c’est juste qu’on pouvait difficilement trouver mieux comme titre pour répondre à sa vidéo « Pour en finir avec la 3D ». D’ailleurs, lui-même ne cherche pas avec celle-ci à descendre le procédé ; c’est avec le débat qu’il veut en finir, en renvoyant défenseurs et détracteurs dos à dos – tactique que j’utilise moi-même au sujet du clonage humain. Néanmoins, il me faut commencer par rappeler que si je fais l’apologie de la 3D, c’est précisément parce qu’elle est majoritairement détestée. Ceux qui me connaissent savent que je choisis presque toujours le camp de la minorité opprimée, même pour choisir une marque de soda. Peut-être que si la 3D était partout, je ferais donc partie de ses plus grands détracteurs… Alors, que nous dit le Fossoyeur sur le sujet ? Ni pour, ni contre, bien au contraire ? Le souci est que même si sa démarche me semble bonne, dans la pratique, ses arguments brossant les détracteurs dans le sens du poil sont bien plus nombreux et nourris il me semble… Parce qu’au fond, on y retrouve la mentalité réactionnaire des jeunes cinéphiles d’aujourd’hui.

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Pourquoi ne pourrait-on pas parler d’opus dans le jeu vidéo ?

Opus - Live is Life

Vous voyez bien que le mot « opus » ne s’utilise pas qu’en musique !

Je n’aurais même pas publié un article par mois en 2016, et je termine l’année avec un simple billet d’humeur, presque un règlement de comptes. Tout a commencé avec le podcast sur la chaîne Nolife que j’ai enregistré cet été, et dans lequel nos prestigieux invités illustrent leur volonté de parler du jeu vidéo sérieusement en bannissant le terme « opus » parce qu’il provient de la musique. Je dois avouer que ça m’a un peu vexé sur le moment car, même si je ne l’emploie pas énormément, il m’est sans doute arrivé de le faire après avoir été à court de synonymes… Et puis plus tard, sur Facebook, alors que des connaissances débattaient au sujet d’une émission dédiée à Final Fantasy – probablement cet épisode de BiTS – on a eu droit aux habituelles critiques sur les approximations et la vulgarisation des chaînes publiques. Et quelqu’un a dit quelque chose du genre : « Heureusement, ils n’ont pas utilisé le mot opus », ce qui a immédiatement fait acquiescer une personnalité bien connue du monde du jeu vidéo, célèbre pour son amour du RPG japonais qui n’a d’égal que sa grossièreté. L’archétype du taliban qui menace de mort la moindre approximation, alors que son dossier sur Final Fantasy VI dans un mook renommé n’est pas dénué d’erreurs et d’arguments très discutables… Bref, tout cela m’a encore plus donné envie de vérifier s’il y a bien erreur.

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3 séries B sauvées par la 3D

De la confusion entre 3D, réalité augmentée et réalité virtuelle dans la culture populaire

De la confusion entre 3D, réalité augmentée et réalité virtuelle dans la culture populaire

Il m’était possible de publier ce nouvel article dès cet été, mais je voulais l’éloigner autant que possible de mon dernier sur le sujet… Depuis, la situation de la 3D s’est encore empirée, entre des films comme SOS Fantômes et Doctor Strange difficiles à voir dans ce format sur Paris alors qu’ils ont été clairement pensés pour, bien qu’il s’agisse de conversions. Le site Real or Fake 3D n’est en outre plus mis à jour depuis la fin octobre et, summum symbolique de la situation, le seul fabricant à proposer des écrans 4K compatibles 3D, LG, ne l’indique même plus sur l’emballage pour ne pas faire peur aux acheteurs !… Autre conséquence absolument pathétique de l’attitude des constructeurs, le casque PlayStation VR, qui permet aussi de regarder façon écran de cinéma personnel des Blu-rays – et même n’importe quel support utilisant le HDMI, y compris les consoles des concurrents ! – ne peut pas (encore ?) lire les Blu-rays 3D. Il doit y avoir quelque chose qui m’échappe, parce qu’il me semblait pourtant enfantin de gérer les deux images du format 3D, dans la mesure où le casque doit de toute façon afficher précisément… deux images. En est-on vraiment arrivé à un point où Sony pense que les premiers adeptes de la réalité virtuelle sont refroidis par un procédé qui est pourtant intrinsèque à la VR ? Bref, changeons-nous un peu les idées :

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« Mon » Crime et châtiment

Crime et châtiment

Illustration de mon édition Folio hélas introuvable de Crime et châtiment

Cela fait plus de deux mois que je n’ai pas publié d’articles – et encore, le dernier était un peu particulier – mais il faut dire que je n’ai plus beaucoup d’idées hormis d’énièmes textes consacrés à la 3D. J’ai notamment en stock un article sur quelques Blu-rays, ou encore le vague projet d’un droit de réponse au Fossoyeur de Films, mais plus ça va, moins ça intéresse de monde… Je tente donc quelque chose d’un peu différent, avec ce qui sera sans doute mon unique entrée dédiée à la littérature. Il faut dire que cet article reprend des choses que je rumine depuis des années, mais que je n’ai jamais eu l’occasion de mettre à l’écrit, or le blog est bien là pour ça. Donc, pour ceux qui l’ignorent, mon roman préféré reste à ce jour, je pense, Crime et châtiment (1866), signé par ce qui est assurément mon écrivain préféré, Fiodor Dostoïevski. Maintenant, je dois avouer que je ne l’ai lu qu’une seule fois, et il y a plus de quinze ans, et non seulement j’ai dû oublier des choses, mais surtout, mon interprétation à l’époque était peut-être faussée par mon manque de connaissances par rapport à ce que je suis aujourd’hui. Mais c’est précisément ce dont je veux parler ici, en quoi ma vision (juste ou pas) du livre diffère d’une bonne partie de la culture populaire.

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Pour une réforme de l’énucléation nationale

"Près du cimetière" par Laurent Fulci

Dans ces temps incertains où notre foi dans les entités cosmiques appartenant à des dimensions non euclidiennes est ébranlée, et où l’on ne peut plus enterrer des corps dans son jardin sans éveiller les soupçons de son voisinage ni se faire surprendre par des joueurs de Pokémon Go, il devient urgent de retrouver l’unité qui a toujours fait la force de toute société secrète, et l’apaisement qui permet à chacun d’exprimer ses perversions en toute liberté et ce, toute l’année et pas seulement pendant Japan Expo. Et quoi de mieux pour calmer les esprits que la musique ? Nous avons donc commissionné Laurent Fulci, le compositeur officiel de la FFFFF (Fédération Française des Fans de Fabio Frizzi), une chanson – que dis-je ! – un hymne à la beauté de la décomposition, à la tolérance envers les sadiques et à la joie dans la souffrance. Et pour vous inciter à l’entonner vous-mêmes, et ainsi à encourager chaque enfant à le réciter pour rester éveillé la nuit après un bon film de zombi, il a préféré vous présenter cette chanson sous forme de karaoké, dans une vidéo accompagnant les paroles d’images édifiantes et stimulantes. La voici après une courte biographie de l’auteur :

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Bon sens saurait mentir

Je préfère vivre près d'une centrale nucléaire dans ce cas...

Je préfère vivre près d’une centrale nucléaire dans ce cas…

Cela fait plusieurs fois que je fais référence à un éventuel article politique, auquel j’ai longtemps voulu résister. Certains se sentiront sûrement visés (et à juste titre), mais je vais essayer de ne pas trop attaquer tel ou tel camp et simplement faire réfléchir sur l’expression « bon sens » que j’entends de plus en plus souvent autour de moi depuis quelques années, et qui est pour moi l’un des symptômes de la montée du populisme, constatée un peu partout dans le monde. Je précise en passant que j’emploie ce terme dans son sens péjoratif, comme synonyme de démagogie. Mais je pense que n’importe quel politique peut parfois faire preuve de démagogie, alors que je parle ici de la manière dont il est érigé en véritable programme politique ; or le terme « démagogisme » n’existe pas. Et pour évoquer cela je vais commencer par la fin d’une certaine manière, le point d’orgue de l’emploi de cette expression vaseuse. Le 8 mars, j’ai en effet reçu en SPAM le communiqué de presse d’Alain Mourguy annonçant sa candidature à l’élection présidentielle. Son parti s’appelle l’UDG, qui signifie en fait « Union Des Gens de bon sens ». Il manque donc sans doute un « BS » dans ce sigle, mais du BS, il y en a un paquet sur son site et dans son programme, rassurez-vous…

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Notes sur quelques films en 3D

La Bataille de la Montagne du Tigre

Seule la 3D fait honneur à la fourrure et la coiffure du Dr. Eggman de Hawk

Ayant du mal à trouver de nouveaux sujets d’articles, je me suis rabattu sur mon violon d’Ingres, la 3D, surtout que ce n’est finalement pas moins polémique que l’article politique que j’hésitais à faire… Après mon texte sur la généralisation inquiétante de la conversion l’été dernier, j’avais songé à faire un bilan des films de 2015 mais j’en avais justement loupés en salles, parce que certains d’entre eux sont hélas difficiles à voir en 3D au cinéma, notamment si on préfère la VO pour les films d’animation. Cela ne me gêne pas trop quand il s’agit de conversion (Au Cœur de l’océan, WarCraft), mais ça m’attriste vraiment pour les rares films tournés en 3D (Le Dernier Loup, La Bataille de la montagne du tigre, Le Livre de la Jungle)… On frôle encore une fois le sabotage, sauf que je ne comprends pas qui a à gagner quoi dans l’affaire. Surtout que pendant ce temps-là, les films de super-héros DC et Marvel sont systématiquement disponibles en 3D, alors que certains d’entre eux, en particulier ceux de l’écurie Disney, ne sont vraiment pas filmés pour ça… Et sont d’ailleurs très mal filmés tout court à mon avis. Eh, je vous avais prévenus que ce serait un article polémique !

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