Souvenirs : Planète Magique (1991 ?)

Visite guidée de l'attraction Aladin en 1989

Visite guidée de l’attraction Aladin en 1989

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Je fais partie des rares personnes à avoir connu Planète Magique, un parc d’attractions couvert imaginé par Bernard Deyriès et Jean Chalopin, le légendaire créateur d’Inspecteur Gadget, Ulysse 31, Les Mystérieuses Cités d’Or, M.A.S.K., etc. Très en avance sur son temps, ce lieu qui était installé au théâtre de la Gaîté-Lyrique, alors quasiment à l’abandon depuis les années 1960, n’a ouvert que très peu de temps. Un professeur m’avait dit que ça n’avait duré qu’une dizaine de jours, en décembre 1989, mais j’ai du mal à croire que j’ai eu autant de chance ; je l’ai à mon avis plutôt visité à sa réouverture fin 1990, sachant que la fermeture définitive a eu lieu en juin 1991. Le même prof avait aussi prétendu que c’était la navette à sensation située au milieu du bâtiment qui aurait causé cet abandon, en raison d’effets magnétiques ou autres sur le voisinage, mais je n’ai trouvé aucune information à ce sujet. Il semble plutôt, et Deyriès l’a confirmé dans un épisode de BiTS, que c’est la partie informatique qui n’était pas assez fiable. Car même si au final, ce n’était pas tout à fait ce qui avait été prévu initialement, puisque le parc devait davantage être dédié aux créations de Chalopin, c’était l’endroit parfait pour un fan de jeu vidéo, une sorte de game center proposant des attractions préfigurant la réalité virtuelle ou augmentée, et les escape games très en vogue actuellement.

Cependant, je dois bien avouer que mon aperçu a été très limité car, pour l’époque, c’était assez cher. En fonction du prix payé à l’entrée, on recevait un badge chargé avec plus ou moins de « gadgets », des crédits représentés par le fameux inspecteur et qui devaient valoir 10 Francs pièce je pense. Pour 50 Francs (8 € mais plutôt 12 € avec l’inflation), on avait donc droit à cinq crédits, sachant qu’il en fallait un pour jouer à un jeu d’arcade et souvent plusieurs pour les attractions plus élaborées. Autant dire qu’avec cette somme, qui semblera ridicule aux habitués de Disneyland mais qui était encore une fois importante par rapport aux autres loisirs de l’époque, on pouvait difficilement voir plus qu’une attraction spéciale. Je suppose que c’est Talisman que j’ai essayé, un parcours en « coop » constitué de plusieurs salles, avec des épreuves d’adresse où il fallait tirer avec un light gun sur des automates comme décrit dans cet article, mais je me souviens qu’il y avait au moins une énigme à résoudre. Avec le recul, quand je vois comment même aujourd’hui, il y a souvent des bornes à moitié défectueuses à La Tête Dans Les Nuages, il est clair que la maintenance de ces attractions qui faisaient appel à des technologies de pointe très diverses (écrans tactiles, capteurs infrarouges, etc.) devait être infernale. Encore une fois, aujourd’hui ce serait nettement plus simple…

Thunder Blade (1987)

Alors évidemment, même du haut de mes dix ans, les décors faisaient pas mal carton-pâte mais c’était quand même assez incroyable. Et bien entendu trop court. Une fois le parcours terminé, il ne devait rester que deux gadgets sur mon badge, sans doute pas assez pour essayer d’autres attractions ambitieuses. Je me suis donc reporté sur les jeux d’arcade, notamment les fameuses bornes taikan (à sensations) de SEGA. Je me souviens avoir vu Out Run (1986) mais je ne suis pas certain d’y avoir joué, tandis que j’ai clairement essayé Thunder Blade (1987) et Power Drift (1988). Et comme j’étais assez nul à cet âge et que j’étais en plus perturbé par le retour de force, je n’ai dû jouer que quelques secondes à chacun d’entre eux. Je me souviens avoir aussi vu la borne de Toki (1989), mais je devais avoir déjà épuisé ma réserve… Au fond, c’est sans doute la brièveté de l’expérience qui rend ces souvenirs d’autant plus intenses, même s’il est difficile de ne pas avoir quand même le sentiment d’un sacré gâchis. Pour avoir un meilleur aperçu de la chose, je vous recommande ce reportage sur la construction du parc, ce générique d’une émission de Groucho et Chico tournée sur place, cette visite bien triste du parc à l’abandon, et surtout ce site web surréaliste et anachronique, où l’on peut même remplir un formulaire pour acheter ses billets ! Si seulement.

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