Je n’ai pas détesté The Monster

The MonsterMalgré un regain de forme du cinéma d’horreur, sur le plan commercial du moins et en grande partie via la société Blumhouse (Halloween), le genre ne semble plus capable de nous offrir des chefs d’œuvre et surtout de nouveaux auteurs… Les amateurs connaissent sans doute fort bien ce cycle à la Sonic où la rumeur nous annonce une nouvelle pépite, qui s’avère le plus souvent surfaite au final, quand ce n’est pas son auteur qui déçoit dès son film suivant. Parmi ces quelques films qui émergent de temps à autre de la masse de ratages, The Strangers (2008) avait pas mal fait parler de lui avant que « l’invasion domestique » ne devienne le nouveau cliché du genre. Et à l’occasion de la sortie d’une suite (par un autre réalisateur) au printemps, le film a fait son arrivée sur Netflix. Indéniablement efficace, il marque surtout par sa fin audacieuse mais force est de constater que ça n’a pas suffi à installer son auteur Bryan Bertino dans le paysage… Il a toutefois réalisé trois autres films depuis dont le dernier en date, The Monster (2016), vient justement de tomber sur OCS. Or c’est sur ce même service que j’ai pu voir sur le tard, il y a quelque temps, Cujo (1983) auquel il est du coup difficile de ne pas penser devant The Monster, puisqu’il s’agit également d’une femme et de son enfant traqués par une bête et se réfugiant pendant une bonne partie du film dans une voiture. Mais le reste est évidemment très différent, et The Monster est à mon avis autrement plus réussi.

Certes, Cujo (1983) n’a jamais été considéré comme faisant partie des bonnes adaptations de Stephen King, mais les reproches que je lui ferais proviennent sans doute du roman… Il est souvent utile de développer les personnages pour réussir un récit horrifique – même si Edgar Allan Poe ou H.P. Lovecraft ont prouvé qu’une situation intense peut s’en passer – mais il faut que tous ces éléments servent la narration. La scène de Cujo où l’enfant doit éteindre la lumière dans sa chambre est très belle mais, dans le film du moins, elle ne semble pas apporter grand-chose et le film passe surtout beaucoup de temps à meubler avec des intrigues d’adultère et de publicité sans intérêt, hormis justifier l’absence de certains personnages dans le morceau de bravoure final. La force de cette traque tient beaucoup à sa durée, forcément plus étriquée au cinéma, et on se dit qu’elle gagnerait à s’étendre sur toute la durée (ou presque) du film. Et c’est ce que fait The Monster. En moins d’un quart d’heure, la jeune mère (jouée par Zoe Kazan, petite fille du cinéaste vue récemment dans la série The Deuce) se retrouve bloquée avec sa fille (Ella Ballentine) sur une petite route de forêt la nuit…

Du coup, le background est construit à l’aide de courts flashbacks à la manière d’un Split dont certains se révèlent assez intenses émotionnellement. Cela donne non seulement de l’épaisseur à cette femme-enfant paumée et à sa fille forcée de mûrir pour compenser, mais c’est aussi le vrai cœur de ce film d’horreur, par ailleurs classique dans ses rebondissements. Et à vrai dire, à part certaines œuvres (et encore) de M. Night Shyamalan puisque l’on parle de lui, je ne me souviens pas avoir vu beaucoup de films d’horreur (pas simplement fantastiques, hein ?) à ce point axés sur l’émotion. Alors bien entendu, tout n’est pas parfait, comme le monstre éponyme. Sa première apparition ci-dessus est très réussie, mais plus il se montre frontalement par la suite, plus il devient évident qu’il s’agit d’un type dans un costume… À la limite, avec un peu de mauvaise foi de critique de cinéma qui cherche à défendre un film à tout prix, on pourrait dire que la forme colle d’autant plus au fond puisque le monstre est censé faire de moins en moins peur. Son « point faible » pas très original en amusera aussi sans doute certains, mais il fallait bien trouver un moyen scénaristique de préserver un peu les personnages. En tout cas, il est bien triste que sur les quatre films de Bryan Bertino, aucun ne soit sorti en salle en France… Jason Blum, si tu me lis, sors ton chéquier s’il-te-plaît.

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